La Comédie Humaine, précédée du Père Goriot

Retrouvez sur notre chaîne YouTube le nouveau « C’est quoi ces histoires ? », la chronique de Sellylis qui dépoussière vos lointains souvenirs littéraires ! Cette fois-ci, l’épisode est consacré au Père Goriot du grand Honoré de Balzac.

Cliquez sur le lien pour accéder à la vidéo !

Comme Sellylis ne pouvait pas tout dire en vidéo, elle poursuit sa lancée sur le blog et revient plus précisément sur le vaste projet de la Comédie Humaine.


La Comédie Humaine

Voici un petit complément de la vidéo de « C’est quoi ces histoires ? » sur Le Père Goriot de Balzac. Au programme, le XIXème siècle, le naturalisme et la Comédie Humaine.

Le XIXème siècle est un siècle très chargé en histoire littéraire. C’est le siècle du roman et de la nouvelle, c’est de là que nous viennent la plupart de nos chefs-d’oeuvres littéraires dont nous sommes si fiers. Il y a deux courants majeurs au XIXème qui sont le romantisme avec Victor Hugo et Alfred de Musset en chefs de file et le naturalisme.

Naturalisme : Mouvement littéraire qu’on situe entre 1860-1890. C’est un prolongement du réalisme et il s’attache à peindre la réalité en s’appuyant sur un travail de documentation et de recherche. Il y a un engagement de l’auteur auprès de ses lecteurs et au sens plus large, auprès du peuple.

Le personnage naturaliste est rendu vivant. Il faut que le lecture croit à l’intrigue de l’histoire et la vive, presque comme s’il lisait un journal. Chaque personnage est défini selon trois critères : sa psychologie, son physique et son statut social.

Dans la Comédie Humaine, Balzac reprend toutes ces notions qui ont été discutées, notamment dans des groupes de travail chez Zola, qui était le petit chef du moment. On peut citer différents auteurs naturalistes comme Zola (sans rire), Stendhal ou Flaubert.

Balzac, dans sa Comédie Humaine dépeint toute une galerie de personnages aussi différents qu’il peut y en avoir dans une société. Il veut véritablement étudier, analyser et comprendre ce monde étrange qu’est celui du XIXème siècle. C’est le moment où la France est en mutation : très instable politiquement (alternance des pouvoirs avec 2 empires, 2 restaurations monarchiques et démocratie), avec une perte de l’influence de l’Église, une urbanisation croissante et la technologie qui fait tout aller très vite. Balzac, dans l’avant-propos de l’œuvre de sa vie évoque en 1842 sa volonté de se faire « secrétaire de la société » et c’est ce que l’écrivain du XIXème est.

La société est alors un monde à lire, à déchiffrer par le héros et l’auteur se fait traducteur.

L’objectif de Balzac dans sa construction de la Comédie Humaine était de faire un état des lieux général de la société dans laquelle il vivait. Un genre de classement de l’espèce humaine comme on pourrait le faire pour les animaux. Oui, oui, et pour ça, il utilise les stéréotypes des communautés dont il parle. Donc, il égratigne aussi bien l’aristocratie que les ouvriers en passant par les journalistes et les bourgeois bureaucrates.

On peut découper son œuvre en trois partie d’études :

  • La partie parisienne, qui traite de la vie et des relations sociales à Paris
  • La partie en Province, qui traite pareil que Paris mais en Province
  • Et la partie en campagne qui, bon… la même mais dans la campagne

Et comme Balzac est très méthodique et légèrement casse-bonbons dans son écriture, il crée d’autre sous-catégories pour traiter des différents rapports à la société :

  • La vie privée, soit toutes les relations dans le cercle privé
  • La vie politique et toutes les magouilles pour la réussite politico-sociale
  • La vie militaire et bon, vous commencez à comprendre le concept non ?

Donc, l’oeuvre de Balzac est une peinture des mœurs de l’époque. Un peu comme les Cht’is, les Reines du Shopping et 4 Mariages pour une Lune de Miel pourraient l’être pour notre époque. En fait, non .

Dans l’oeuvre balzacienne, la Famille est importante, comme on a pu le voir avec la thématique du père dans Le Père Goriot. Dans son Avant-propos de la Comédie humaine : « Ainsi regardé-je la Famille et non l’Individu comme le véritable élément social. Sous ce rapport, au risque d’être regardé comme un esprit rétrograde, je me range du côté de Bossuet et de Bonald au lieu d’aller avec mes novateurs modernes » Pour Balzac, l’aspect héréditaire est tout aussi inimportant que le reste, car c’est les origines, le fond social qui permettent à un individu de se construire, en corrélation avec ou en opposition à ses racines. Concrètement pour l’auteur, savoir d’où l’on vient permet de comprendre où l’on va mais surtout pourquoi !

Par exemple, dans Le Père Goriot, Eugène de Rastignac vient d’une famille noble mais ruinée. Il a honte et veut s’en détacher d’où sa volonté dès son arrivée à Paris de rentrer dans les cercles et de se faire un nom. Son origine, sa famille (responsable de sa haine pour la pauvreté) sont les éléments déclencheurs de sa rage de vaincre et de sa volonté de pouvoir.

Pour finir, voici les trois autres auteurs majeurs du mouvement Naturaliste :

  • Flaubert : 1821-1880 Réalisme apparenté à Balzac. Réaliste avec son coup d’oeil médical (Le meilleur exemple reste dans Mme Bovary lors de la description de la souffrance de sa mort due à son suicide)
  • Zola:1840-1902 « La recherche de la vérité à l’aide de l’analyse des êtres et des choses » Se réclame de la science et s’inspire de la biologie. Veut peindre une société à travers les fictions d’une famille (Les Rougon &Macquart) Il est le « Chef de file » du mouvement naturaliste.
  • Maupassant : 1850-1893 Maître incontesté de la nouvelle avec des personnages issus de tout les milieux.

En espérant vous avoir donné envie de replonger ou de découvrir ces petites perles de littérature et du patrimoine culturel Français.

— Sellylis

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *