Cheyne, un éditeur-typographe tout en poésie

Hier, vos Renardes préférées Lau, Viny et Queen V’ ont pris la route de bon matin afin d’aller visiter les ateliers de la maison d’édition Cheyne, au fin fond de l’Ardèche. C’est éblouies par les magnifiques paysages d’automne qui ont jalonné leur périple, qu’elles arrivent enfin au « batô » (comme le nomme affectueusement l’actuel directeur de la maison Jean-François Manier) grande bâtisse de 650m² abritant machines et bureaux.
Mais du coup, nous demanderez-vous, pourquoi faire tant de route pour nous rendre dans ces locaux ? Mais parce que nous trouvons le travail de cet éditeur-typographe absolument fabuleux, et quand l’occasion s’est présentée, nous lui avons sauté dessus (sur l’occasion, bien entendu) et avons décidé de vous faire partager notre coup de cœur pour cet artisan amoureux du livre-objet et du travail bien fait.

Mais Cheyne, qu’est-ce que quoi?

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“La poésie au centre de la vie et l’envie de fabriquer”

C’est en 1978 que Jean-François Manier et Martine Mellinette décident, poussés par leur amour de la littérature et de la poésie, de créer une maison d’édition indépendante qui y soit consacrée. Ils débutent leur activité dans une ancienne école au lieu-dit du Cheyne (avec un y, que c’est beau !), où ils impriment eux-mêmes leurs ouvrages. Ils réalisent des impressions typographiques au plomb, travaillant parfois lettre par lettre. Au départ, les moyens étaient très réduits, et c’est avec humour que Jean-François Manier se remémore les soirées de pliage de cahiers. L’équipe s’est par la suite agrandie, et la maison a déménagé dans des locaux plus grands à quelques minutes de là. Mais ils ont fait le choix de conserver leur autonomie, encore et toujours. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le plus difficile au départ n’a pas été de trouver des auteurs, mais bien des librairies qui leur fassent confiance. D’ailleurs, des manuscrits, Cheyne en reçoit environ mille par an, et cinq rien que lorsqu’on y était ! Mais ils n’en publient en moyenne que dix chaque année.

Accueillies très chaleureusement, nous avons eu la chance de pouvoir visiter les locaux : du stock de papier à celui de livres imprimés en partance pour les livraisons, en passant par les presses, la plieuse, la couseuse, le massicot et la colleuse (chauffée à 140°C !), Cheyne s’occupe de la transformation d’un manuscrit de A à Z. Et nous, on trouve ça trop cool ! Dans l’atelier où flotte une odeur entre celle de la libraire et du garage, se côtoient vieilles machines et équipement très moderne. Ce mélange, qui nous surprend, n’est absolument pas une coquetterie d’imprimeur. Bien entendu, le savoir-faire lié à l’utilisation de telles machines permet à la maison d’être labellisée « entreprise du patrimoine vivant » mais c’est également un choix judicieux pour produire efficacement. Ne dit-on pas que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleurs soupes ? Un beau papier, une typo à l’ancienne, un soin particulier accordé à chaque ouvrage : c’est décidément ça qui fait la marque de fabrique de Cheyne.

« Les livres que je n’aurai pas vendu je les lirai, et le vin que je n’aurai pas vendu je le boirai .»

Il y a trois ans, Jean-François Manier s’est lancé un nouveau défi : il a créé un bar à vins-librairie, l’Arbre vagabond, afin d’associer deux choses qu’il apprécie particulièrement dans la vie. Rapidement rejoint en cuisine par son fils Simon la première année, l’équipe père-fils est désormais épaulée par le chef Pierre-Marie Placide qui a proposé ses services à la suite d’un coup de cœur. Cet endroit est magique on vous dit !

En bonnes Renardes qui se respectent, notre excursion a donc également été prétexte à un très bon déjeuner dans ce lieu formidable, qui nous a offert, l’espace de quelques heures, une évasion aussi bien spirituelle que gustative. L’Arbre vagabond regroupe une belle collection de livres, très peu de nouveautés, beaucoup de soldés et d’occasions. Jean-François Manier prend énormément de plaisir à les sélectionner dans le but de créer des rencontres, des découvertes faites de hasards. Un détail que nous avons particulièrement apprécié : le choix de classement des livres. Contrairement à une librairie classique, ils ne sont pas regroupés par style mais répartis en cinq catégories : “Ailleurs, voyages à pied et dans la tête” ; “Affaires de goûts, cuisine, vins, érotisme” ; “Poésie, la belle aventure” ; “Comprendre et refaire le monde, Histoire, engagements et luttes” ; “Le livre, dernier refuge de l’Homme libre?”. Quel plaisir de pouvoir fouiller dans les étagères à la recherche de la perle rare !

« Les livres sont faits pour attendre »

Nous vous invitons, si l’occasion se présente, à vous rendre à cet Arbre vagabond et profiter, vous aussi, du “privilège de l’heure lente” le temps d’un instant (instant qui a quand même duré plusieurs heures en ce qui nous concerne). Notez aussi qu’en été, des “Lectures sous l’arbre” sont proposées à l’Arbre vagabond, (gratuites mais à réserver néanmoins) afin de profiter d’un bon livre dans un cadre bucolique, où le temps n’a plus aucune importance. Et puis bien sûr, pensez également à faire un tour chez le confiseur de Cheyne, juste à côté, qui propose de délicieuses douceurs…

Nous tenons à remercier toute l’équipe de Cheyne éditeur pour son accueil, et plus particulièrement Jean-François Manier pour son temps et sa gentillesse.

Si vous voulez en savoir plus sur le road-trip des renardes et découvrir d’autres informations sur Cheyne, Viny vous a concocté une petite vidéo que vous pouvez retrouver juste là : https://www.youtube.com/watch?v=EeZpTFBMRlc

— Lau, Viny & Queen V’

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