Conseils pour écrire (et réussir) son mémoire

Cher étudiant,

Félicitations pour l’obtention de ta licence. Bon, en même temps, c’était pas si compliqué, tu ne mérites pas une standing ovation non plus. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent. Comment ça, on te dit ça à chaque étape ? Entrer au lycée ou à la fac c’est du pipi de chat comparé à ce qui t’attend. Là c’est du sérieux, on est presque dans le monde professionnel. Alors bienvenue en master !

clap

Pendant deux ans, tu n’auras presque pas de cours, juste quelques séminaires par-ci par-là, et le reste du temps, il va falloir travailler mes agneaux. Car, au-dessus de ta tête, pèse une ombre menaçante : celle du mémoire ! (musique flippante de film, cri de désespoir en fond, larmes, terreur…)

Rassure-toi ! Tata Pasto en est à sa seconde année de master de lettres et commence à savoir comment que ça marche l’écriture d’un mémoire. Elle est là pour te donner tous ses conseils pour réussir à taper ces 60 à 120 pages sans te cogner la tête contre les murs (ou pas trop en tout cas).

  • Choisir son sujet

trop-de-livresAvant de commencer à dévorer des livres théoriques, il va falloir décider sur quoi tu travailles.

Règle n°1 – CHOISIS QUELQUE CHOSE QUE TU CONNAIS

L’année de master ce n’est franchement pas le moment pour faire des découvertes. Une année scolaire c’est déjà trop court pour écrire un mémoire, il faut donc avant tout gagner du temps. Choisis un sujet que tu connais bien, quelque chose sur lequel tu as déjà de l’avance, déjà commencé à réfléchir. Ne travaille pas sur Les Misérables en te disant que c’est l’occasion rêvée pour le lire, t’as pas le temps. Sélectionne un corpus d’oeuvres que tu connais et dont l’étude ira plus vite. Tu auras bien assez de travail avec les textes théoriques.

  • Avoir le bon directeur de recherche

Le choix du directeur de recherche n’est pas à prendre à la légère. Il faut sélectionner un chercheur qui connaisse ton sujet et qui s’y intéresse pour qu’il puisse te suggérer des pistes de réflexions et des œuvres à étudier.

Il faut aussi savoir si sa manière de travailler correspond à la tienne. Souhaites-tu qu’on t’impose un calendrier bien précis pour être sûr de ne pas prendre de retard ? Ou peut-être veux-tu un professeur plus laxiste, qui te laisse choisir ton rythme, qui jette un œil à ce que tu fais sans rien t’imposer ?

Bon, et bien sûr, quand tu as trouvé ton directeur de recherche parfait, il faut aussi qu’il t’accepte. Ça, c’est une autre affaire…

  • S’organiser

No shit Sherlock. Ça semble peut-être évident, mais ça ne fait jamais de mal de le répéter. Tu vas passer ton temps à lire des ouvrages, des articles et à prendre toutes sortes de notes. Et ça serait trop bête de les perdre parce que tu ne sais pas dans lequel de tes mille carnets tu l’as noté, ou que tu as perdu la petite feuille volante où tu avais écrit une idée de génie.

Achète-toi un (plusieurs) carnet dédié uniquement à cela. Sélectionne une pochette dans laquelle tu rangeras toutes tes feuilles de notes. Mets en place un code couleur pour te retrouver dans tes nombreux papiers. Range le tout dans un coin de ton bureau, avec les livres de ton corpus (tu auras besoin d’y revenir sans cesse, alors garde-les à portée de main).

  • Tout noter

Il n’y a pas d’infos inutiles, dès que tu trouves quelque chose qui pourrait t’aider de près ou de loin, note-le. Mais note-le bien ! Lorsque tu recopies une citation, n’oublie pas la moindre virgule, le moindre “s”, le moindre accent. Mais surtout, fais attention à tes références bibliographiques ! Si la moindre information vient à manquer, on te le reprochera. Il faut donc impérativement noter le titre de l’ouvrage, son auteur, sa maison d’édition (ainsi que la collection s’il y en a une), le lieu et la date d’impression et le numéro de la page d’où tu as tiré ton info ou ta citation. Il n’y a rien de plus irritant, lors de la rédaction, que de réaliser qu’il manque l’une de ces infos et qu’il faut retourner consulter le livre (que tu as certainement emprunté à la BU ou à la médiathèque).

writing

  • Se parler

Le meilleur moyen d’avancer dans ses réflexions, c’est d’en discuter. Si possible, avec quelqu’un : l’avis d’une personne extérieure pourra toujours vous être bénéfique. Trouve-toi un camarade avec qui échanger sur vos sujets respectifs, présente-lui tes problèmes et tes difficultés. Un regard neuf te permettra de voir le travail autrement.

Si tu préfères travailler en solitaire, parle tout seul ! Il n’y a aucun problème et aucune honte à cela. Réfléchir à voix haute est souvent plus simple. Je te conseille aussi de réaliser de grands brainstorming pour organiser tes idées et tes réflexions.

  • Trouver son cadre de travail

Il n’y a pas de lieu universellement idéal pour travailler, c’est entièrement à toi de décider.

Certains préfèrent fuir leur environnement familier rempli de distractions. Pour cela, il existe de nombreuses solutions : fuir dans un café, se cacher au cœur de la BU ou d’une médiathèque, se réfugier chez un/une ami(e), déguerpir chez papa maman… Les bibliothèques et autres salles de travail sont évidemment les plus propices. En plus des ouvrages utiles à tes recherches qui se trouvent à portée de main, la présence de tes camarades de travail, tous réunis ici dans le même combat, te remontera le moral et te donnera du courage.

bu

Moi à la B.U.

 

Mais personne ne t’oblige à sortir de chez toi ! Si tu préfères travailler en petite culotte sur ton canapé avec ton chat sur les genoux, ce n’est pas Tata Viny qui te jettera la pierre. Mais attention, il ne faut pas faire cela n’importe comment.

canape

(Presque) Viny dans son canapé.

 

Quelques règles pour le travail à la maison :

  • Ménage tes horaires, fais toi un emploi du temps dans lequel il ne faut pas oublier d’intégrer les repas et les pauses détentes.
  • Installe-toi confortablement. Si tu préfères ton canapé, soit. Mais veille à ne pas te tuer le dos. C’est lui qui souffre le plus pendant la rédaction (et le bassin aussi). Je te conseille de t’aménager un bureau (le plus grand possible, tu auras besoin de place), même avec deux tréteaux et une planche de bois. Et surtout, si tu n’as pas de vrai fauteuil de bureau, de t’en créer un avec force coussins.
  • N’oublie pas ton corps ; HY-DRA-TE-TOI ! Ton corps à besoin d’eau et toi, de vitamines. Ne lésine donc pas sur la boisson et fais le plein dans les placards : café, thé, coca, jus de fruits et surtout, de l’eau. Bois bien. De plus, les meilleurs éclairs de génie surviennent souvent aux toilettes quand tu vides ta vessie.

Le petit plus de Pasto : Mon lieu préféré pour “mémoiriser” c’est le bar pendant l’Happy Hour. Après une journée enfermée à la maison (je suis une travailleuse casanière), j’aime attraper mon ordi et mes livres et reprendre le travail sur la terrasse d’un bar devant une pinte de blonde. Ça permet de prendre l’air, de travailler tout en profitant d’un faux moment de détente. De plus, ça offre souvent un peu de joie aux autres, car cela amuse toujours vos voisins lorsqu’ils réalisent ce que vous êtes en train de faire.

pasto-et-le-rasoir

  • Ne jamais perdre espoir

Parfois, ce que tu fais va te sembler vain. Tu en auras marre, auras envie de tout arrêter. Tu te sentiras nul et auras l’impression que tu n’y arriveras jamais, que c’est trop dur pour toi.

Chasse ces mauvaises idées qui viennent te ronger ! Il ne faut pas baisser les bras. Écrire un mémoire c’est un travail long et éprouvant, qui ne sera pas fun tous les jours. Mais il te faut dépasser cela. Imagine la fierté que tu auras à la fin en tenant dans tes mains le fruit de ton dur labeur, ce magnifique pavé relié, prêt à être rendu et à recevoir les honneurs. Si tu y mets un peu de ton cœur et un peu de ton cerveau, tu ne peux pas te planter. Tes efforts seront récompensés, alors tiens bon. Et quand tu vois que tu es dans un moment plutôt down, fais une pause. Tout ce que tu pourras écrire ou penser pendant ces moments sera à revoir, alors arrête, pose tout, et sors te détendre.

J’espère que ces quelques conseils sauront t’aider. Je ne prétends pas avoir la méthode idéale pour réussir son mémoire, ce ne sont que de simples conseils, mais ils ont fonctionné pour moi et j’espère qu’ils fonctionneront cette année encore. Je te souhaite beaucoup de courage et beaucoup de réussite pour ton master.

Un dernier conseil, peut-être même le plus important : n’oublie pas de T’AMUSER. Le mémoire ne doit pas être un exercice imposé que tu réalises en traînant des pieds, il faut que ça t’intéresse et que ça te divertisse aussi un peu. Fixe-toi de petits défis, comme placer un mot improbable dans l’une de tes parties (l’an dernier, j’ai réussi à parler d’un film porno et des règles de l’internet dans mon mémoire, alors tout est possible). Tu verras, tu peux aussi te souvenir de ces années comme d’un bon moment !

Courage mon ami. Je sais que tu vas y arriver !

— Pasto

Une réflexion au sujet de « Conseils pour écrire (et réussir) son mémoire »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *