After all this time ? Always ! (Harry Potter et l’enfant maudit)

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Entre Harry Potter et moi, c’est une grande histoire d’amour. Ce sont les premiers livres que j’ai lus, hors livres scolaires, lorsqu’en classe préparatoire j’ai appris à déchiffrer les lettres et les mots (à l’âge de cinq ans, comme aime fièrement le répéter mon papa). C’est donc grâce à J.K. Rowling que j’ai attrapé la fièvre littéraire. Sa série a également guidé mes lectures de jeunesse, car pendant longtemps je n’ai lu que du fantastique.

Fébrilement, j’ai attendu la sortie des trois derniers tomes (L’Ordre du Phénix, Le Prince de Sang Mêlé et Les Reliques de la mort). À chaque fois, mon père se rendait en librairie à minuit et le matin, en me levant, le livre m’attendait là, posé sur la table du salon. Je l’emportais alors dans ma chambre où je disparaissais pendant de longues heures. Quand je le terminais, je daignais enfin sortir de mon lit pour aller l’apporter à ma mère, qui n’avait le droit de le lire que lorsque j’avais fini (c’était souvent à une heure tardive pour mon jeune âge, alors que je devais déjà dormir depuis longtemps, mais mes parents ne m’ont jamais vraiment grondée lorsque je veillais pour lire).

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En 2007, après la sortie du dernier tome, j’ai ressenti comme un vide. Harry, Ron et Hermione m’avaient accompagnée durant mon enfance et mon adolescence. J’avais grandi avec eux. Je jouais même à Harry Potter dans la cour avec mes copines en primaire (ouais, je m’affiche). Mais je me consolais en pensant aux films à venir.

Le vrai choc arriva le 13 juillet 2013, peu après minuit. À l’occasion de la sortie du dernier film, l’un des cinémas de ma ville (comme beaucoup d’autres en France et certainement dans le monde) avait organisé un événement spécial : après la diffusion la première partie sortie un an plus tôt, commençait à minuit (heure officielle à laquelle il fut mondialement autorisé de diffuser le film) la séance d’Harry Potter et les reliques de la mort partie 2.

Lorsque l’écran s’est éteint et que la lumière s’est rallumée, personne n’a bougé dans la salle. Nous ressentions tous la même chose, nous le savions : Harry Potter, c’était terminé…

Enfin quand je dis terminé, c’est une façon de parler. Ça ne le sera jamais vraiment. Dans nos cœurs, rien ne changera. Mais il n’y avait plus de surprise, plus rien à attendre, tous les livres et tous les films étaient sortis… Comment allions-nous faire ?

Et d’un coup, c’est arrivé… Le retour des héros de notre enfance ! Un nouveau livre ! Harry, Ron et Hermione à nouveau réunis ! Je ne vous raconte pas mon bonheur en apprenant cela !

hp-8-livreAlors, ce nouveau livre, qu’est-ce que c’est ? Pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, je vous explique. Ce n’est pas réellement un nouveau roman. Il s’agit en réalité d’un scénario, celui de la pièce qui se joue en ce moment même à Londres (ON ATTEND ENCORE L’ANNONCE POUR UNE ADAPTATION FRANÇAISE LES GARS, SURTOUT NE VOUS PRESSEZ PAS) et écrite par Jack Thorne.

Ce n’est donc pas un nouveau roman écrit par J.K. Rowling qui reprendrait les aventures de nos héros là où on les a laissés. Quoi que… En réalité, on retrouve exactement les familles Potter et Weasley là où on les a laissées, dix-neuf ans après la bataille de Poudlard, sur le quai 9 ¾, en train de mettre leurs enfants dans le train. Mais l’histoire qui suit n’est pas réellement centrée sur Harry, plutôt sur l’un de ses fils, Albus Severus Potter (rappelez vous, celui qui part mal dans la vie vu les noms de merde que son père lui a collés).

Et c’est tout ce que je vous dirai sur l’histoire ! Et oui, le livre sortant demain en France, nombre d’entre vous qui ne parlent et ne lisent pas l’anglais ne l’ont pas encore découvert. J’ai donc décidé d’écrire un article sans spoilers ! (une sacré épreuve pour moi, sachez-le). Je ne vous donnerai donc que mon avis sur le livre et les quelques polémiques qu’il a pu soulever.

draco-et-son-filsDe manière globale, j’ai aimé le livre. Évidemment, quelques petites choses m’ont dérangée, comme par exemple la relation entre Harry et Dumbledore (non, il n’a pas ressuscité, Harry discute simplement avec son portrait, ce sont des choses qui arrivent dans le monde de la magie), la relation d’un père et d’un fils plus forte que celle qu’ils n’ont jamais eue auparavant. J’ai trouvé cela un peu exagéré. Mais à côté, la pièce est bourrée de choses formidables, comme la relation entre Albus et Scorpius Malfoy (le fils de Drago) qui est vraiment très forte et très belle.

Il y a quelque chose de très original dans la manière dont sont rédigées les didascalies du scénario, principalement celles en début de scène. Elle servent généralement à situer l’action et les personnages, mais au lieu d’être simples et directes comme : « Bureau d’Harry. Harry se tient debout près le cheminée. Entre Hermione. », elles sont en fait romancées et ressemblent davantage à de la narration. Ces didascalies particulières ont probablement été rédigées pour l’édition du texte, elles aident à entrer un peu plus dans l’histoire et nous rapprochent des romans de notre enfance, comme si la voix de J.K. Rowling nous murmurait de nouveau à l’oreille.

Seulement voilà, ce n’est pas la voix de J.K. Rowling. Si elle a participé à l’écriture de l’histoire, elle n’est pas à l’origine du script en lui-même. Ce qui est parfaitement logique, elle n’a pas de formation théâtrale et donc aucune légitimité pour écrire un scénario. Voilà pourquoi le script est écrit par Jack Thorne, auteur pour le théâtre, la télévision, la radio et le cinéma. Et c’est là une erreur de base que font beaucoup de lecteurs qui supposent sans y réfléchir que Rowling a écrit la pièce. On dit également que cela ressemble à une fan fiction. C’est peut-être un peu le cas, mais lorsqu’on écrit à la suite d’une oeuvre qui a une telle portée, tout aura un goût de fan fiction.

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Et cela nous amène à un second point sur le genre choisi. Beaucoup de fans de la saga n’ont pas voulu lire le livre, car il s’agit de théâtre. Cela, je le comprends parfaitement, c’est un genre particulier, que tout le monde n’a pas l’habitude de lire et que tout le monde n’apprécie pas. Je comprends que ça en ait surpris plus d’un. Mais il ne faut surtout pas mettre une difficulté de lecture sur le dos d’une mauvaise écriture ou d’une mauvaise histoire, c’est le support qui est plus compliqué. Et même moi, qui adore lire du théâtre, j’ai eu des difficultés à comprendre et imaginer certains passages car il me manquait beaucoup d’informations : dans un livre, la narration décrit tout ce qui se passe hors dialogues, chaque action, chaque coup de baguette, l’effet de chaque sort… Ici, les didascalies ne donnent pas toujours ces informations, qui sont cependant visibles sur scène. Et en cela, le livre fait parfaitement son job : il nous donne envie d’aller voir la pièce pour saisir toutes les nuances, tout le jeu qu’il manque à la lecture ! Du coup, si vous avez une place qui traîne pour aller voir la pièce, dont vous n’avez pas besoin, je vous en débarrasse avec plaisir !

Ajoutons également qu’il s’agit du scénario des répétitions ! Petite explication : avant qu’une pièce ne soit dévoilée au grand public, la troupe fait des répétitions générales devant un public (des places généralement moins chères) à la fois pour tester la réception mais aussi afin de pouvoir modifier, avant la première, les quelques détails qui n’iraient pas. Après ça, le texte est remanié selon les retours et les éventuelles improvisations des acteurs, pour devenir la version définitive. Le livre que nous lisons est donc probablement très loin de la pièce qui se joue en ce moment sur les planches londoniennes.

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Passons enfin à un aspect plus matériel et commercial. Beaucoup ont reproché à J.K. Rowling d’avoir fait cette pièce parce que les caisses commençait à se vider. C’est possible, je ne sais rien des finances et des motivations de la dame. Et alors ? Ne sommes nous pas ravis qu’une nouvelle aventure s’offre à nous ? Les mêmes réflexions se font sur la vente du script. Mais nous autres qui n’avons pas la possibilité de nous rendre à Londres pour voir la pièce, sommes bien contents d’avoir quelque chose à nous mettre sous la dent.

J’ai cependant une remarque à faire sur la promo du livre. Les affiches publicitaires annoncent fièrement en gros : « La huitième histoire. Dix-neuf ans plus tard. » Et… non. Même si on retrouve Harry, Ron et Hermione, il ne s’agit pas de la huitième histoire. Ils ne sont même pas vraiment les héros de cette histoire. Il s’agit plutôt d’un spin off ou d’un sequel, mais aussi bien qu’elle puisse être, la pièce ne peut prétendre s’inscrire directement dans la lignée des sept romans de J.K. Rowling.

Demain, le livre sort en France. Enfin, dans quelques heures plutôt. Car le livre est autorisé à la vente à minuit et pour l’occasion, beaucoup de librairies font une ouverture spéciale pour que les fans n’aient pas à attendre et puissent se procurer le livre immédiatement. Alors renseignez-vous, il y aura bien une librairie près de chez vous qui organise un événement !

— Pasto

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