Les livres de cul, mes libraires et moi – L’édito de Pasto

Toute cette histoire a commencé fin novembre. Très près de chez moi se trouve la meilleure librairie indépendante de Montpellier. Accueillante, bien fournie, avec des sélections toujours intéressantes et tenue par trois personnes charmantes.

Lorsque la première BD de Cy, Le Vrai sexe de la vraie vie, est sortie, je n’ai pas pensé à me rendre dans une librairie spécialisée (et Dieu sait qu’il en existe dans cette ville), et je l’ai commandée chez eux. La libraire (seule femme entre deux hommes) présente le jour où je vais le chercher a eu un petit sursaut de surprise en découvrant l’ouvrage que j’avais commandé. Il faut dire que Cy n’a pas fait les choses à moitié, la couverture est pleine de petits doodles de personnes pratiquant la sexualité dans toutes sortes de positions. “Je n’avais pas vu ça en le réceptionnant !” s’étonne la dame en me tendant le livre. Je comprends qu’au premier abord, ça peut surprendre. Le soir même, j’en riais sur Twitter avec Cy en racontant cette anecdote.

Quelques semaines plus tard, alors que je faisais mes courses de Noël, j’y retourne acheter mes cadeaux et demander un renseignement sur le livre Pornogami : un incroyable ouvrage de pliages origami sur le thème du sexe. L’anniversaire d’une amie approchant à grands pas, je voulais savoir si le livre avait été traduit en français. Après une petite recherche, le verdict tombe, pas de version française[1]. Mais trop tard, le libraire avait déjà commencé à se marrer.

Puis en janvier, tout s’accélère. En quelques semaines, j’y retourne maintes fois pour des ouvrages aux moeurs légères. Tout d’abord, Un mois chez les filles, de Maryse Choisy, un reportage d’immersion incroyable de la journaliste des années folles qui a enquêté sur les maisons closes en s’y infiltrant.

À la fin du mois, je m’y rend de nouveau pour  collecter mon exemplaire de Sade que j’avais commandé. Oui, car il faut savoir qu’arrivés en master 2, les professeurs de littérature ne se sentent plus, et on peut se retrouver à devoir lire Justine ou les malheurs de la vertu. Manque de cul (si je puis me permettre), une erreur s’est glissée dans leur logiciel, et à la place, ils m’avaient commandé un livre sur la manière de gérer son adolescent. Merci, mais non merci. Le seul adolescent que j’ai à la maison, c’est mon chat, et je m’en sors parfaitement bien avec son éducation !

Mais ça ne fait rien, je n’étais pas venue que pour ça, et sur la sexualité sale de Sade, j’en rajoute une couche avec celle plus délicate de SolangeTeParle. Quelques jours auparavant, elle avait annoncé sur son Twitter la sortie de son nouvel ouvrage, intitulé Très intime, dont la couverture, représentant une vulve très rose, ne laisse en rien douter de son contenu. Persuadée de devoir le commander, je suis particulièrement surprise de constater qu’ils ont déjà mis l’ouvrage en rayon.

C’est donc avec une joie non feinte que je rentre me délecter des histoires sexuelles féminines racontées par Solange, plutôt qu’avec les immondices de Sade que je viendrai chercher un jour prochain, sous le regard amusé de mes libraires qui ne me jugent jamais.

— Pasto


[1] Pour ceux que ça intéresse, l’ouvrage est facilement trouvable en anglais, n’hésitez pas à vous renseigner dans les librairies spécialisées près de chez vous.

2 réflexions au sujet de « Les livres de cul, mes libraires et moi – L’édito de Pasto »

  • Je vois que nous avons des goûts de lecture partagés… Ton article me rappelle mon adolescence et mes joues plus rouges qu’une framboise bien mûre quand j’allais acheter mes premiers yaoi chez Bulle ! Je me suis bien décomplexée depuis 😀

    • Je te rassure, je n’ai aucun complexe à formuler mes demandes ! Et généralement, cela ne gêne pas non plus mes libraires (je pense qu’ils ont du en voir des vertes et des pas mûres).

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