Ces livres honteux qu’on a adorés #2

Les Renards replongent pour une nouvelle session de livres de la honte sans pudeur.Il y a de l’amour, de la passion, du sentiment, de la faute de grammaire, mais bon l’important, c’est qu’on s’en rend compte. Et puis, on va pas se mentir, même s’ils sont nuls, on les a aimés ces livres.

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  • The truth about Forever (ou comment ne pas traduire un titre de livre), par Viny :

Chez les renards, on nous a demandé d’écrire sur nos lectures honteuses, nos plaisirs coupables, et à vrai dire, j’ai eu beaucoup de mal à choisir dans la longue liste de tout ce que j’ai lu.

Mais, et je mets ce « mais » en super gros, d’une parce que c’est moi qui fait la mise en page et donc je fais bien ce que je veux, et de deux parce que je voudrais insister dessus. Je pense que c’est à présent chose faite.

Mais, donc, comme je l’ai précédemment écrit, je rends souvent hommage à la littérature que l’on dit mauvaise, parce que je l’aime, que j’ai l’ai énormément lue, qu’il y a de la beauté partout et surtout, je n’ai honte de presque rien. Demandez donc à Lau tout ce que j’accepte de faire pour présenter un DMO3 !

Ces précisions en tête, je peux à présent vous inviter à tourner les pages de The truth about Forever, de Sarah Dessen, que nous, braves franchouillards, avons traduit par « Pour toujours… jusqu’à demain ». J’imagine que vous commencez à percevoir mon opinion sur la traduction du titre.truthaboutforever

  •         Un petit point sur l’histoire :

Après le décès de son père, Macy s’est réfugiée dans sa vie « parfaite » (nous prendrons des pincettes quant à la définition de parfaite) sous tous rapports : elle a de bonnes notes, est en couple avec Jason (un jeune homme très réfléchi qui part au début du livre pour un camp de vacances de type université d’été) et elle travaille à la bibliothèque tout l’été.

Sa mère se réfugie dans le travail pour faire face à la perte de son mari, et ni l’une ni l’autre ne semblent pouvoir communiquer sur leurs sentiments. Caroline, la grande sœur de Macy semble être le seul membre de cette famille dysfonctionnelle à tenir le coup.

Lorsque Macy tente de parler sentiments avec son monsieur-parfait de copain et lui envoie par mail un « je t’aime », il lui explique que cette attitude lui semble précipitée et il demande un break (Vous la sentez, la vie parfaite qui se fait la malle ?)

À une réception organisée par sa mère, Macy rencontre la drôle d’équipe des traiteurs qui organisent l’évènement et accepte de travailler pour eux. Et c’est le début de la fin de la façade tranquille de la vie de Macy. Entre Delia, Bert (Greg en version française), Monica, Kristy et surtout Wes (Tim en version française), artiste énigmatique qui a une passion pour la sculpture, le masque de perfection se fendille.

(oui je sais j’ai un talent pour les résumés dignes de figurer dans les pages de France Loisir).

  •         Un petit point sur pourquoi je l’aime :

Tout d’abord, il faut reconnaître à Sarah Dessen un talent certain pour la création de personnages : ils sont tout en nuances, drôles, voir loufoques, mais parfaitement attachants. Bien entendu, on voit venir la grosse ficelle blanche de l’intrigue amoureuse chaussée de gros sabots, mais même en le relisant maintenant, en lectrice expérimentée, je me laisse séduire.

L’histoire, qui semble vue et revue est traitée avec sensibilité et honnêteté. Bien entendu ça n’est pas un Zola, mais ce livre n’en a pas la prétention, et c’est ce que j’aime (oui je suis également une grosse fleur bleue sous mes rayures).

« But it was okay not to fit in everywhere, as long as you did somewhere.”

Ensuite, eh bien, ce livre est une de mes madeleines de Proust. C’est le tout premier livre que j’ai lu en anglais, et le style simple permet au lecteur non-bilingue de savourer l’intrigue sans avoir besoin d’un Robert-Collins sur les genoux (parce qu’il faut savoir que c’est extrêmement lourd le Robert-Collins).

  •   pour-toujours...-jusqu-a-demain-660550Un tout petit point sur pourquoi je n’aime pas :

La traduction. Elle est juste mauvaise, et elle rend grotesque ce qui était émouvant, bref, je ne l’aime pas, et je peux me permettre de le dire, parce que je l’ai lue aussi ! Je parle donc en connaissance de cause.

« Tu te crois solide comme un roc parce que tu ne parles jamais de papa. Mais tout le monde peut faire l’autruche. Se confronter aux problèmes, vouloir les résoudre, voilà ce qui rend plus fort. »

J’ai donc une nostalgie émue à rouvrir ce livre, mais toujours le même plaisir à le lire.

Je le recommande aux jeunes lecteurs (en fait je le recommande à tous ceux qui sont intrigués), qui sauront se retrouver entre les pages, dans les moments de doutes sur que faire de sa vie, sur la délicatesse de parler de ses sentiments, mais surtout sur la difficulté d’équilibrer ce que l’on attend de nous et d’exprimer ce que l’on aspire à être. Grandir, en somme.

Publication originale chez Viking en 2011.


  • Quatre filles et un jean (4 gonz et un fut), par Sellylis :

De quoi ? Comment ça une lecture dont j’ai honte ? J’assume tout. Je veux dire, les gars, j’ai lu des choses tellement atroces dans ma vie (Marc Levy, Guillaume Musso, Houellebecq … non je déconne). Cependant, quand j’étais une pré-ado pleine d’hormones, j’ai dévoré de la chick-lit comme jamais et, évidemment, il y a une saga qui m’a marquée plus que les autres. 4 Filles et 1 Jean. Oui, bon, ça va hein. J’ai trouvé cette histoire géniale à l’époque parce que les filles étaient toutes différentes, fortes (sauf Léna, cette chialeuse), drôles et intelligentes. Elles m’ont fait voyager (bon, juste en Grèce mais c’est déjà ça) et c’est là que j’ai ressenti mes premiers émois amoureux pour un personnage cliché-adolescent.

4gonz et 1 futLes filles sont à la sortie du lycée et trouvent un jean qu’elles essayent toutes et qui leur va. A. Chacune. D’entre. Elles. Alors qu’elles ont des morphologies différentes. Ce jean est magique. Et quand elles le mettent, elles se sentent plus fortes que jamais, elles osent des choses qu’elles ne feraient pas en temps normal et il leur arrive des trucs étranges mais assez cool. Tous les types de filles sont représentés évidemment : l’intello, la sportive, l’artiste et l’amoureuse. Et au fil des tomes elles évoluent, mûrissent et prennent confiance en elles. C’est un bon bouquin à lire à l’adolescence au final, parce que ce n’est pas seulement à base de « Oh mon dieu, je suis célibataire c’est la fin de ma vie » mais plutôt « je peux arriver à être qui je veux ». C’est une saga que j’ai lue avec ma grande sœur et qui, quelque part malgré tout, m’a aidée à passer l’adolescence.

Et puis, le message délivré par le bouquin n’est pas si mal non plus au final, puisque ça dit que tant que tu crois en toi et que tu as des amis pour te soutenir, tu peux réussir n’importe quoi dans la vie et réaliser tes rêves. Et que même un 42 peut rentrer dans un jean 36. Et ça, c’était mon rêve à moi. #TeamBouleDeNickiMinaj  

 

Quatre filles et un jean, de Ann Brashares, publié par Gallimard jeunesse en 2002

Cette couverture de qualité a été réalisée par Pasto


  • 50 Shades of Grey, par Manou

Je suis sûre que vous l’attendiez celui-là ! Avec un titre d’article pareil, on ne pouvait pas passer à côté, alors à mon tour de me confesser !

Pourquoi j’ai aimé ce livre ? Je ne saurais vous dire… J’ai commencé à le lire par curiosité, parce que tout le monde en parlait et que tout mon entourage me disait que je devais le lire, qu’il était génial, que je ne devais pas louper ça. Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, très brièvement, ce livre raconte l’histoire d’amour (enfin surtout de cul) entre une petite vendeuse d’un magasin de bricolage, Anastasia Steel, et un jeune chef d’entreprise milliardaire sado-maso, Christian Grey.

Au début j’étais très sceptique, je me disais qu’un roman érotique avec

 du cul du cul du cul 

ne serait pas très intéressant et que je risquais vite de m’ennuyer et de trouver ça pervers. Finalement, je l’achète, et le soir même je m’y mets. Eh ben je peux vous dire que je ne l’ai pas lâché avant d’avoir les yeux qui piquent et que le livre ne me tombe des mains à cause de la fatigue. Effectivement, ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler de la grande littérature, mais contre toute attente, qu’est-ce que c’est prenant comme histoire ! J’ai envie de savoir ce qu’il va se passer entre Anastasia et Christian, je veux savoir s’il lui dévoilera ses secrets les plus sombres, si elle acceptera ses mœurs un tantinet bizarres, si leur amour survivra aux épreuves que la vie leur fait endurer… Bref, comme devant un épisode de Plus belle la vie, je n’ai pas envie de m’arrêter. Je vous l’accorde, c’est quand même un peu plus hard que la série marseillaise (quoique, ça dépend des épisodes…). Et étrangement, ce n’est pas pour me déplaire. Je n’avais jamais lu de littérature érotique avant, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Eh bien là encore, j’ai été agréablement surprise. Même si Christian Grey a des fantasmes et des envies (je dirais même des besoins) assez osés, pas une seule fois je ne me suis dit que c’était dégoûtant, que c’était poussé trop loin ou que cela me répugnait. En réalité, j’étais plongée dans l’histoire à 300%, et mes hormones aussi. J’ai dévoré les trois tomes en quelques semaines (oui parce que quand même j’avais une vie et je devais malheureusement faire autre chose de mes journées), et j’ai été bien triste de les avoir terminés.

50nuancesdegrey

Je ne renie pas avoir adoré cette trilogie, mais je n’ai plus jamais relu de littérature érotique ensuite. Pourtant, comme je vous l’ai dit, ce qui est raconté dans ces livres ne m’a jamais dégoûtée, mais je crois que simplement je recherche autre chose dans la littérature. C’était une expérience sympa, c’était marrant, mais ça s’arrête là et je n’ai pas spécialement envie de relire ce genre de choses. Je crois aussi qu’une trilogie, c’était trop pour moi : en lisant le deuxième bouquin, j’ai été un peu déçue, et ce fut encore pire en lisant le dernier. Au final, on retrouve exactement la même chose dans les trois, c’est simplement l’histoire autour qui change mais cela reste trop répétitif pour moi. Je me suis presque ennuyée en lisant les deux derniers volumes, tout était trop prévisible ; l’excitation de la découverte et la surprise n’étaient plus là, et je crois que c’est ça qui me plaisait vraiment : ne pas savoir à quoi m’attendre, et lire des choses que je n’avais jamais lues.

 

Cinquante nuances de Grey, écrit par El James, publié aux éditions JCLattès.

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