Nabilla et la télé-réalittérature

12726087_10207462771819916_879886340_nLa semaine prochaine, le monde de la littérature va trembler. Le livre le plus attendu du printemps va sortir et j’ai hâte. Voilà des mois que je suis en préparation intense, que je fouille, que je fouine, que je pars à la recherche de la moindre info. Mon calvaire est bientôt fini et je vais vous en parler ici.

La personne la plus importante de l’histoire culturelle française actuelle est sur les chapeaux de roue pour le lancement de son premier vrai livre. C’est une femme que j’apprécie pour son tact, son courage et son talent. C’est quelqu’un que j’admire pour sa bravoure, sa franchise et son style. Ça fait vraiment longtemps que j’attends ça, et enfin, plus que quelques jours avant la sortie du livre de Nabilla, le 14 Avril.

 

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Oui, vous m’avez bien lue, Nabilla. J’aime beaucoup Nabilla. Enfin, plus précisément, j’apprécie beaucoup Nabilla. Je trouve que c’est le genre de filles qu’on devrait plus apprécier. Elle est de celles qui ont été jetées dans la fosse aux lions, certes de leur plein gré, mais elle a su gérer pendant un moment cette célébrité inattendue. Au final, elle ne s’en est pas trop mal sortie pour une starlette de télé-réalité. Sauf pour la partie où elle poignarde son mec et finit en taule, évidemment. Mais, à part ce qui a été relayé par les médias “BUZZ-CHOC-SENSATION”, on n’a pas eu trop d’infos (parce que ça ne nous regarde pas) on va enfin pouvoir savoir ce qu’il se passe dans la tête de Nabilla Benattia.

Le bouquin en question se nomme « Trop vite » et déjà le titre veut tout dire. Elle a co-écrit cet ouvrage avec Jean-François Kervéan, ce qu’elle assume totalement, et il est publié chez Robert Lafont. Dans les quelques extraits qui ont fuité, elle parle des journalistes à ses trousses H24, de cette célébrité envahissante qui est devenue le centre de sa vie. Une vie sous les caméras, même en hors-champ, une pression constante.

Vous pouvez rire, mais je suis fascinée par les stars de télé-réalité qui sont pour moi comparables à de merveilleuses héroïnes de romans. Et Nabilla ne déroge pas à la règle. Elle est absolument, foutrement, merveilleusement fascinante. Elle est devenue le sujet numéro un des conversations sans qu’on ne sache vraiment comment. Et elle non plus d’ailleurs, elle n’a pas compris.

Des fois, j’aime à m’imaginer ces filles là, comme elle ou Kim Kardashian, que je défendrai jusqu’à la mort, dans des romans, des épopées très contemporaines, à mi-chemin entre un livre de young adult et un Don De Lillo. Quelque chose de très réaliste et en même temps perché, dans lequel les dialogues seraient à moitié en majuscules pour retranscrire les disputes qui ont lieu en direct à la télévision. Une mise en page et un choix typographique spécifique, décalé, perturbant pour rappeler ces confessionnaux dans lesquels elles s’épanchent pendant des heures sur la futilité des évènements qu’elles vivent et qui feront la une des journaux le lendemain.

Je rêve de lire Nabilla r12520520_10208332726413415_187152481_naconter sa rencontre avec des grands comme Karl Lagarfeld ou Jean-Paul Gaultier, ses débuts sur les podiums de mode ou ses séances photos pour de grands magazines comme Vanity Fair, jusqu’à sa descente aux enfers, comme Loana avant elle, bien avant elle (on vieillit bordel) et sa mise en examen pour tentative d’homicide volontaire sur son mec. Je veux lire ce genre de choses, son analyse et surtout, je veux comprendre.

Comprendre pourquoi, comment, elle a été attirée par le milieu de la télé-réalité ? Quoique, le succès facile, ça peut le justifier, mais comprendre comment tout ça s’est joué, comment tout a été manigancé dans des bureaux de NRJ12 et comment tout ça s’est terminé à la prison pour femmes de Versailles. Je veux savoir ce qu’il s’est passé dans sa tête pendant tout ce temps, je veux comprendre comment elle vit le fait que la12806502_1126776120700643_1110826814_n moitié de la France se fout de sa gueule et la prend en pitié pendant que l’autre moitié l’adule et veut faire pareil, alors que clairement, l’exemple qu’elle donne est mauvais.

Et surtout, Trop Vite, c’est le genre de bouquin que j’aimerais faire lire à toutes les gamines de 14 ans qui m’ont expliqué gentiment qu’elles aussi, elles veulent être comme Nabilla.

Non mais allô quoi ? T’as 14 ans tu veux être Nabilla ? C’est comme si j’te dis t’es en fac de lettres tu veux être Michel Houelbecq !

Enfin, tout ça pour dire, que Nabilla qui écrit, c’est un peu comme tous ces hommes politiques qui nous pondent un bouquin tous les trois mois, ou les journalistes des chaînes d’infos qui décident de raconter les coulisses de leur boulot. On s’en fout. Pour être plus clair, ça nous fait l’effet d’une moule défraîchie sur les bord de la mer morte. C’est de la branlette intellectuelle, sans intellectualité dedans. Et c’est triste pour la littérature.

Mais, parce qu’il y a un mais, il y a une chose qui importe, et ici, je vais parler en mon nom, parce que je ne suis pas sûre que mes camarades Renards soient d’accord avec moi : tant que des gens lisent, que des gens écrivent, je m’en fous. L’important, c’est que le livre reste un moyen de communication entre deux mondes ou plusieurs. Je veux, je souhaite que le livre continue d’être cette chose fragile qui ne paye pas de mine et qui pourtant en dit long, très long sur nos vie, notre société et le monde dans lequel on vit.

Alors oui, vous pourrez toujours acheter le livre de Nabilla à un de vos potes pour vous marrer comme des baleines, mais il faut penser à toutes les petites mains qui vont vivre et manger avec les ventes de ce livre. Déjà, le co-auteur, je suis sûre qu’avec les profits qu’il va se faire, il aura de quoi s’assurer une bonne petite retraite, et ensuite, les correcteurs, les éditeurs, les imprimeurs, les distributeurs, les secrétaires et assistants d’édition, les libraires et compagnie. Et ces gens-là, on a tendance à oublier qu’ils sont présents. Et c’est malheureux à dire, mais c’est plus souvent ce genre de livres un peu inutiles mais rigolos (ou presque) qui leur 12712529_1736230283273713_1177063428_npermet de vivre et de publier de nouvelles choses plus littéraires, plus belles, plus touchantes.

Bien que j’en sois sûre, le livre dont on parlait ici à la base peut être touchant, doit l’être même. Alors bon, au final, qu’est ce qu’on doit retenir de cet article ? Ben rien, déjà parce que ceci n’est pas un cours, ni une injonction, mais simplement un article qui se devait d’être drôle et qui est parti en coui… en cacahuètes.

Puis, surtout, c’est juste un petit rappel que la littérature, ça peut être tout plein de choses et qu’on peut critiquer ce qu’on veut, au final l’important, c’est d’avoir un livre dans les mains, et qu’il nous plaise, peu importe ce qu’il est.

Allez, à tantôt sur l’internet.

— Sellylis

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