Pasto – Portrait chinois des Renardshâtifs #11

  • Si tu étais un livre :

Il paraît (IL PARAÎT hein, ce n’est qu’une rumeur), que je fais une petite fixette sur Alice’s Adventures in Wonderland and Through the Looking Glass (plus connu sous le nom d’Alice au Pays des Merveilles de ce côté de la Manche). C’est donc sans surprise que je choisis ici l’œuvre la plus connue du roi incontesté du nonsense, j’ai nommé le grand, le seul, l’unique : Lewis Carroll. Je dois admettre qu’ils ont peut-être raison, j’ai une affection toute particulière pour la petite Alice. Ce n’est pas pour rien que j’ai accepté de passer huit mois en tête à tête avec elle (et le jeune Peter Pan) pour mon mémoire, et elle a même quelque peu envahi la déco de mon appartement. Mais je n’y peux rien si ces romans sont des petites merveilles qu’on peut lire et relire à tout âge, remplis de jeux de mots et de calembours de qualité, qui stimulent l’imagination et qui sont magnifiquement illustrés par le formidable John Tenniel !

Si vous ne connaissez la jeune Alice que par le dessin animé de Disney, ou pire, le film de Burton, je vous invite alors à lire les romans de Carroll en langue originale, si votre anglais vous le permet, pour ne rien perdre des irrésistibles jeux de mots ! Et si la langue de Shakespeare est encore trop abstraite pour vous, alors je vous conseille l’édition Tout Alice de GF Flammarion où le traducteur Henri Parisot dédie tout un chapitre aux difficultés de transcriptions (et d’ailleurs cette édition contient TOUT ce que Lewis Carroll a écrit autour de son personnage, alors n’hésitez pas!)

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Comment ça neuf éditions d’un même livre c’est trop ?

  • Si tu étais un écrivain :

En deux questions à peine je vais passer pour la gamine des RenardsHâtifs (ce qui n’est pas totalement faux, étant donné que je suis la plus jeune de l’équipe), mais tant pis ! Si j’étais un écrivain je serais le grand Roald Dahl, dont nous fêtons cette année les 100 ans (et l’année dernière c’était les 150 ans de la petite Alice, si c’est pas beau tout ça) ! On connaît surtout cet homme pour ses incroyables romans de littérature enfantine illustrés par Sir Quentin Blake, comme Charlie et la chocolaterie ou, mon petit préféré, La Potion magique de George Bouillon. Et bordel ! Ce sont vraiment des merveilles ces livres ! Mais M. Dahl ne s’est pas arrêté là ! Car il a également écrit un grand nombre de nouvelles grinçantes et délicieuses (quelques fois même légèrement érotiques) pour adultes. Voilà pourquoi je choisis Roald Dahl, qui, dans la diversité de ses écrits toujours un peu absurdes, correspond parfaitement à ma mentalité.

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  • Si tu étais une expression, un proverbe, une maxime :

Bon, cette question m’a donné du fil à retordre. J’ai beaucoup réfléchi, plantée devant mon frigo (le lieu de l’inspiration), mais vraiment, je n’ai rien trouvé. J’adore les proverbes et les expressions improbables, mais aucune ne me vient en tête. Du coup, j’ai décidé de sélectionner une expression de mon invention que j’affectionne tout particulièrement :

« … de la taille de l’Alaska ! »

Je l’utilise bien entendu pour dire que quelque chose est vraiment très gros ou très grand. Par exemple :

« J’ai une ampoule de la taille de l’Alaska sur le talon ! »

« Sellylis a un cul de la taille de l’Alaska ! »

« J’ai écrit une dissert de la taille de l’Alaska ! »

  • Si t’étais une didascalie dans une pièce de théâtre :

Nous entrons donc à présent dans la liste des questions personnalisées. Je sais parfaitement ce que les copains espèrent avec celle-ci, ils me connaissent bien. Je devrais donc dire la didascalie « un temps » que l’on retrouve dans toutes les pièces de Beckett, mais aussi de nombreux autres auteurs de l’absurde et du Nouveau Roman. MAIS, je ne vais pas leur faire cette joie. Je vais donc rester avec Beckett mais je choisis la didascalie initiale de la pièce Fin de Partie :

« Intérieur sans meubles.

Lumière grisâtre.

Aux murs de droite et de gauche, vers le fond, deux petites fenêtres haut perchées, rideaux fermés. Porte à l’avant-scène à droite. Accroché au mur, près de la porte, un tableau retourné.

À l’avant-scène à gauche, recouvertes d’un vieux drap, deux poubelles l’une contre l’autre.

Au centre, recouvert d’un vieux drap, assis dans un fauteuil à roulettes, Hamm.

Immobile à côté du fauteuil, Clov le regarde.

Il va se mettre sous la fenêtre à gauche. Démarche raide et vacillante. Il regarde la fenêtre à gauche, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête, regarde la fenêtre à droite. Il va se mettre sous la fenêtre à droite. Il regarde la fenêtre à droite, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête et regarde la fenêtre à gauche. Il sort, revient aussitôt avec un escabeau, l’installe sous la fenêtre à gauche, monte dessus, tire le rideau. Il descend de l’escabeau, fait six pas vers la fenêtre à droite, retourne prendre l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à droite, monte dessus, tire le rideau. Il descend de l’escabeau, fait trois pas vers la fenêtre à gauche, retourne prendre l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à gauche, monte dessus, regarde par la fenêtre. Rire bref. Il descend de l’escabeau, fait un pas vers la fenêtre à droite, retourne prendre l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à droite, monte dessus, regarde par la fenêtre. Rire bref. Il descend de l’escabeau, va vers les poubelles, retourne prendre l’escabeau, le prend, se ravise, le lâche, va aux poubelles, enlève le drap qui les recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. Il soulève un couvercle, se penche et regarde dans la poubelle. Rire bref. Il rabat le couvercle. Même jeu avec l’autre poubelle. Il va vers Hamm, enlève le drap qui le recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. En robe de chambre, coiffé d’une calotte en feutre, un grand mouchoir taché de sang étalé sur le visage, un sifflet pendu au cou, un plaid sur les genoux, d’épaisses chaussettes aux pieds, Hamm semble dormir. Clov le regarde. Rire bref. Il va à la porte, s’arrête, se retourne, contemple la scène, se tourne vers la salle.

Clov (regard fixe, voix blanche). — Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. (Un temps.) »

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Louez Pasto pour vos anniversaires, elle vous joue du Beckett dans votre salon.

  • Si tu étais un parfum de thé :

Bon, je dois avouer ne pas avoir compris cette question. Les copains savent pourtant que ma drogue à moi c’est le café. Mais il est vrai que j’apprécie fortement le thé aussi. Le must, c’est un thé blanc pêche-abricot, qui est aussi bon chaud que glacé. Donc plus d’excuses pour ne pas boire de thé l’été.

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  • Si tu étais un décor de comédie musicale :

Alors ça c’est vraiment une bonne question. Chelou, je vous l’accorde, mais une très bonne question. Parce que vous comprenez, les décors dans les comédies musicales, surtout sur scène, c’est très très important. J’ai une affection particulière pour l’échafaudage du film Jesus Christ Superstar (1971), qui est justement un héritage du stage [1] (de nombreuses comédies musicales utilisent ce moyen sur scène pour créer des niveaux et des étages, qui disparaissent lors du passage en film, remplacés par de véritables décors), que le film conserve pour des raisons que je vous expliquerai un jour dans un Damn ! un musical !.

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Mais mon petit décor chouchou à moi en vrai, c’est celui de la chanson « Tu vas me détruire » dans Notre Dame de Paris. Frolo, qui kiffe la petite Esmeralda, chante son tourment. Il se tient alors entre deux murs qui se referment sur lui, et l’archidiacre les repousse de chaque côté à chaque fois qu’il crie « Tu vas me détruire ! ». Et c’est beau putain.

tu vas me détruire

  • Si tu étais une insulte :

Je suis une personne très grossière, c’est pour cela que j’ai choisi cette question. Mais je n’ai pas d’insulte ou de gros mot favoris. J’aime généralement créer moi-même de sublimes syntagmes vulgaires en mettant à la suite le plus possible d’injures, comme par exemple :

« Putain de bordel de merde de ta mère la catin hooligan qui suce des ananas. »

Et sinon j’aime bien le mot « bordel ».

  • Si tu étais une série télé :

DOUDIDOUUUUU DOUDOUDOUUU DOUDOU

Là encore il paraît que je suis accro. Je te jure, les gens peuvent pas juste accepter une passion quand ils en voient une. Bref. Pour ceux qui n’auraient pas reconnu mon magnifique chant à l’écrit (ouais, j’ai un talent pour chanter des génériques à l’écrit. Je fais très bien Game of Thrones aussi), je veux parler ici de la série britannique Doctor Who ! Mon chat ne s’appelle pas River Song pour rien.

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All time and space.

  • Si tu étais un organe :

Franchement, ça fait 10 minutes que je regarde la liste de questions pour en choisir une dernière, mais non, vraiment, je n’y arrive pas… Alors je vais prendre celle-là, parce que au début j’ai lu « orgasme » et ça m’a fait rire. Mais si du coup je suis forcée de répondre à la question que j’ai choisi je dirais… une langue. Voilà, c’est cool.

(On me glisse dans l’oreillette que c’est un muscle et non un organe. Mais bon, ça fait partie du corps humain, vous allez pas me chier une pendule non plus ?)

  • Si tu étais un membre des RenardsHâtifs :

Ici une seule réponse s’impose : Sellylis. Parce que en vrai, on est déjà un peu la même personne. Et aussi elle râle parce que personne ne l’aime et personne l’a choisie pour cette question, alors j’ai eu un peu pitié. (et En plus on est hilarantes).

Pasto se prend pour Selly

no shit

J’te kiff maggle.

— Pasto

[1] Le mot stage en anglais désigne la scène d’un théâtre ou d’une salle de spectacle. Il s’agit donc ici de la version originale d’une comédie musicale, sur scène, et non sous forme cinématographique.

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