Les rééditions de livres jeunesse, ou l’art d’enlaidir les couvertures

Moi qui bien souvent choisis mes livres en fonction de leur couverture je suis du genre plutôt sentimentale. Lorsqu’un livre attire mon attention c’est grâce à sa couverture. Plus qu’un phénomène d’attraction visuelle c’est un véritable coup de foudre entre les graphismes de la couverture et moi-même. Il faut que la version du livre que j’aperçois me séduise, qu’il me crie « ACHÈTE-MOI ! ». L’édition sous laquelle je découvre un roman est mon trésor. Cela ne signifie pas forcément la toute première édition d’un livre, non pas du tout, juste que je suis très attachée à la version du livre qui m’aura fait découvrir ledit ouvrage.

 

C’est pour cela qu’en règle générale je n’aime pas les rééditions (attention je ne dis pas que toutes les rééditions sont des échecs, au contraire). C’est juste que je n’apprécie guère les « relooking » des couvertures de certains romans. Et oui, parfois, certaines opérations marketing au lieu de faire du livre un bel objet qu’on aura plaisir à admirer sur ses étagères, réduisent celui-ci au rang d’un banal produit commercial.


Harry-Potter-Couverture-livre-12-6-New-French


Peut-être n’est-ce pas votre cas, mais j’aimais beaucoup les couvertures des Harry Potter aux éditions Gallimard Jeunesse. Certes peut-être que ces couvertures ne sont pas franchement esthétiques, ou disons que les dessins assez simplistes semblent clairement adresser le livre à un jeune lectorat, surtout en ce qui concerne les premiers volumes, mais je les trouve pleines de charme. Les dessins de Jean-Claude Götting restent pour moi indissociables de cette merveilleuse saga. L’illustrateur s’exprime à propos de son travail en déclarant que :


 

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« Les débuts se sont faits assez librement, sans poids. Avec le succès, il a fallu que les croquis soient validés douze fois par tout le monde.[…] À partir du 4e, les textes ont été bloqués par l’éditeur anglais, il fallait quasiment dessiner sans connaître le roman. Pour la couverture du 6e, tout le monde chez Gallimard a lu à toute vitesse le roman en anglais qui venait juste de sortir pour m’en faire un résumé. »


 

En somme ce dessinateur a su créer une véritable identité visuelle à ces livres qui ont marqué toute une génération de lecteurs. Alors quand j’ai vu à quoi les couvertures ressemblaient suite à la réédition (en 2011) de toute la saga, j’ai juste eu envie de crier au meurtre ! Quelle déception ! Pourquoi remplacer des couvertures aussi emblématiques ? Illustration_HP4_fr


On est bien loin des nouvelles versions des volumes de Labyrinthe, Divergente ou Hunger Games, qui suite aux sorties des films ont vu leurs couvertures modifiées pour surfer sur la vague médiatique de leur adaptation au cinéma. hunger-gamesQuoique concernant Hunger Games c’est loin d’être réussi, au contraire quelle énorme faute de goût encore une fois ! En effet pourquoi reprendre une image tirée du film ? Ce serait bien trop simple ! Ah oui elles attirent l’attention, ces couvertures bien flashy !


 

Mais donnent-elles envie de s’emparer du livre, d’en lire le résumé puis d’en feuilleter les pages pour se retrouver totalement captivé quelques mots plus tard ?

 

Ces couvertures suscitent-elles la curiosité, intriguent-elles ou n’agissent-elles que comme un répulsif ?

 

Il est clair qu’il n’est plus question de coup de foudre ici mais uniquement de vendre à l’attention d’un lectorat constitué de fans qui achèteront sans se questionner.

Alors chérissez vos livres et espérez que si un jour vous devez les remplacer vous aurez soit la chance de remettre la main sur une édition identique à celle qui aura su faire s’emballer votre cœur, soit réussir à trouver une nouvelle version qui sera encore plus à votre goût que la précédente.


 

— Bol-de-Riz

3 réflexions au sujet de « Les rééditions de livres jeunesse, ou l’art d’enlaidir les couvertures »

  • J’ai un avis similaire, et j’y avais justement pensé pendant les vacances, en tombant sur des rééditions de la Quête d’Ewilan. Certes, je ne trouve pas le style graphique particulièrement beau, mais c’est celui qui a bercé ma jeunesse et le seul que je peux associer à cette série.

    Je profite de ce commentaire pour signaler que j’aime beaucoup tes articles, et que je prend plaisir à te lire ( oui ça vaut pour les autres aussi :3 ).
    En tout cas merci (à tous) pour vos articles et bon courage pour continuer. 😉

    • Aaaaaah les couvertures d’Ewilan aux éditions rageot elles sont uniques !!
      Elles illustrent bien l’univers décrit dans les romans je trouve, peut-être moins en ce qui concerne les personnages. À l’exception d’Ellana sur la couverture des trois tomes du Pacte des Marchombres, celle du tome 1 est vraiment fantastique 😀

      Merci pour ce commentaire aussi élogieux, ça fait super plaisir ! J’espère continuer à te ravir avec mes articles 🙂

  • Voilà un sujet qui pose des questions ! Pourquoi achète-t’on un livre ? Pourquoi aime-t’on telle ou telle couverture ?
    À l’image de mon ami, je n’ai pas lu de livres dont les couvertures étaient très marquantes, et pourtant c’est vrai que j’aurais du mal à imaginer les relire avec une couverture différente. Je pense qu’il y a cette part de « plaisir de jeunesse » que tu as justement évoqué. En y repensant c’est vrai qu’il y a la couverture de mailman mais vous avez déjà parlé de ce cher Monsieur Toussaint Louverture donc il est inutile de le citer de nouveau.
    Peu importe, continuez de proposer des sujets aussi variés et aussi bien traités ; c’est génial !

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