Rentrée littéraire 2017 – Pourquoi les oiseaux meurent

Oui, ça y est, je l’ai fait, j’ai lu un roman de la rentrée littéraire au moment de sa sortie. Non, je n’ai pas attendu huit à dix mois qu’il paraisse en poche. J’ai pris mon portefeuille à deux mains et je suis passée à la caisse.
Et bordel, je ne regrette pas.

J’en ai même profité pour me rattraper de celle de l’année dernière. Il y a un an, le livre qui m’avait immédiatement attirée à la même période était l’incroyable En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Sauf que j’ai quand même attendu juin de cette année pour enfin le lire. Et je regrette tellement.

Cette année, j’ai donc choisi Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet. Si je parle de rattrapage, c’est parce que dans un article, le site BibliObs le qualifie de nouveau Bojangles. Les arguments pour une telle comparaison ? Un formidable premier roman publié par la même maison d’édition, Finitude. Mais les ressemblances s’arrêtent là. Ah si, on peut également dire que tous deux ont des couvertures magnifiques, mais on peut mettre cela sur le compte de l’éditeur. Celle du roman de Victor Pouchet est une remarquable planche sur les oiseaux réalisée par Adolphe Millot, un illustrateur d’histoire naturelle de la fin du XIXe, début du XXe siècle. Une soixantaine d’oiseaux tous plus beaux et plus colorés les uns que les autres, et dont vous pouvez trouver les noms d’espèce à la fin du roman. Espérons que l’édition de poche gardera cette sublime couverture.

L’histoire en quelques lignes : dans plusieurs petits villages de Normandie, des oiseaux sont tombés. On en ignore la raison, mais surtout, personne n’a l’air de beaucoup s’intéresser à ce phénomène météorologique plus qu’étrange. Personne, sauf le narrateur du roman.

Le doctorant qu’il est, même s’il délaisse totalement sa thèse, se réfugie d’abord dans les livres, à la recherche de phénomènes similaires dans l’histoire, les fables et les textes religieux. Mais la nécessité d’une enquête sur le terrain se fait évidente. Muni d’un petit cahier tel le reporter qu’il n’est pas, il quitte Paris pour suivre la Seine, théâtre de ce spectacle macabre. Il embarque alors pour une croisière à bord du MS Seine Princess, direction Bonséjour, son village natale, où la première pluie de volatiles a eu lieu.

La quatrième de couverture présente le roman comme un river-trip, un voyage à travers la Normandie, le long de la Seine, dont les descriptions permettent de mettre en image des paysages qui, pour ma part, me sont totalement inconnus. Sur cette croisière, le narrateur rencontrera des amis, des alliés, et même l’amour. Mais comme toujours dans un road-trip, l’important n’est pas la destination mais le voyage, puisque de toute façon, il quittera le bateau avant son terminus.

Car en réalité, ce roman est avant tout une enquête. À propos des chutes d’oiseaux en premier lieu : le narrateur visite les lieux de l’hécatombe à Bonséjour (sans succès), interroge de nombreuses personnes (même et surtout Madeleine, la vieille folle de la cathédrale de Rouen), fait des recherches au Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen (ou plutôt du tourisme maquillé en recherches), et surtout, note toutes ses découvertes très précieusement dans son cahier un peu brouillon, un peu bordélique, dans lequel il peine à mettre de l’ordre (un peu comme dans ses pensées).

Mais ce roman, c’est aussi une enquête introspective. À travers son investigation, il cherche à comprendre son obsession, son intérêt pour les volatiles dont tout le monde se fiche. De souvenirs en réflexions, il tente de reconstruire l’histoire de sa famille et même de s’en créer une, en découvrant un célèbre scientifique qui porte le même nom que lui, Pouchet. Car oui, le narrateur est un peu, ou même beaucoup, l’auteur. Cependant, de là à savoir si le roman est autobiographique… je n’ai pas eu le souvenir d’une chute d’oiseaux spectaculaire en France, donc je pencherais plutôt pour de la fiction.

Tout dans ce roman est formidable : l’écriture, la structure, l’histoire ouverte, non résolue, ce qui n’a en réalité pas d’importance. J’ignore ce qu’il vous faut de plus pour courir en librairie découvrir Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet.

De mon côté, cela me donne envie de me pencher sur le catalogue de la maison Finitude. S’ils parviennent à capturer mon cœur deux fois de suite, je pense que cela vaut le coup d’aller jeter un œil sur tout ce qu’ils ont à proposer.

– Pasto

 

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