Le retour de Philip Pullman

Jouez hautbois, résonnez musette, un miracle est enfin arrivé ! Tout d’abord, si quelqu’un souhaite explique ce qu’est, selon lui une musette, laissez-nous un joli commentaire pour nous éclairer, ensuite OMG OMG OMG ! En langage normal, cela signifie que Phillip Pullman vient d’annoncer qu’il allait écrire la suite de saga La croisée des mondes et j’ai juste envie de pleurer de joie. On me signale dans l’oreillette que ce n’est pas la première suite de la série, je le sais bien, mais ça n’entache en rien ni ma joie ni mon excitation. Cette trilogie, c’est un de mes plus gros frissons de jeunesse, dans laquelle il y a tous les ingrédients pour en faire un livre magique, et je suis sûre que, ne serait-ce que grâce (ou à cause) de son adaptation cinématographique, vous en avez entendu parler.

À la croisée des mondes, ce sont mes premières larmes et premières frustrations de lectrice – de jeune lectrice ! En effet la série a été publiée de 1995 à 2000 (j’avais donc… pas vieux, voilà, on ne va pas s’enquiquiner à compter !) et débute par Les Royaumes du Nord.

Imaginez un monde où chaque humain possède un daemon, qui est une incarnation de son âme sous une forme animale douée de parole. Toutefois, si les adultes ont un deamon à forme fixe, ceux des enfants changent à volonté, jusqu’à la puberté. Bien que je puisse trouver ça super chouette d’avoir un lapin-âme à mes côtés, il y a bien entendu pas mal de points négatifs à l’existence des deamons. Premièrement, un humain et son âme ne peuvent pas se tenir trop loin sans souffrir, deuxièmement, il est tabou de toucher le deamon de quelqu’un d’autre et surtout si on tue l’un, l’autre disparaît aussi.

C’est dans cet univers que nous rencontrons Lyra Belacqua, jeune fille de douze ans qui vit à Jordan College, à Oxford. Son oncle, le très sérieux Lord Asriel vient parfois lui rendre visite, mais en profite surtout pour exposer l’avancée de ses travaux sur la Poussière, uen sorte de particule qui pourrait être liée à des conceptions bibliques. Ces recherches sont également dirigées par Madame Coulter, mandatée par le Magisterium (une haute autorité de l’Église). Madame Coulter est une femme splendide qui prend Lyra comme assistante, malgré les réticences du directeur du Jordan College et qui confie à la jeune fille une drôle de machine : un aléthiomètre. Il s’agit d’une sorte d’horloge capable de répondre à n’importe quelle question posée et seule Lyra semble capable de la manipuler. Ça tombe bien, car Lyra a énormément de questions : son meilleur ami, Roger vient de disparaître, et elle compte bien le retrouver. Sur son chemin, elle croise un ours en armure, des sorcières, des gitans, un garçon avec un couteau spécial et même un autre monde !

Je ne peux malheureusement pas parler plus de cette saga sans spoiler l’intégralité de son contenu, mais ne vous y trompez pas, si mon résumé est enfantin, ce n’est pas un monde de bisounours qui vous attend entre ces pages. N’attendez pas un happy ending parfait de conte de fée – j’ai été tellement frustrée de la fin que j’ai réécrit une fin alternative sur la page d’après, du haut de mes onze ans. C’est un torrent d’événements qui vous emportera bien plus loin que vous ne l’aviez imaginé, avec une fresque sur fond biblique qui s’étend du royaume des cieux jusqu’au monde des morts. C’est aussi une très jolie métaphore sur le fait de grandir, pleine de rêve et de cruauté.

Bref, je ne peux que vous inciter à rouvrir les pages d’une de mes lectures favorites de jeunesse, en attendant la suite.

– Viny

La croisée des mondes, publié chez Gallimard Jeunesse, comporte Les Royaumes du Nord, La Tour des anges et Le Miroir d’ambre.

 

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