Rogue, connard imberbe et frustré

L’intégrité du professeur Rogue

La semaine dernière, la nouvelle de la mort d’Alan Rickman nous a tous ébranlés. Ici, chez les RenardsHâtifs, nous avons pleuré la mort d’un immense comédien, nous avons dit adieu à notre rêve secret d’aller le voir fouler les planches d’un théâtre britannique et surtout, nous avons vu partir avec grands regrets un personnage emblématique de notre enfance : le professeur Rogue.

Harry Potter est une saga qui a marqué notre enfance et qui, aujourd’hui, continue à être aussi importante qu’au début. Nous comptons de nombreux « Potterheads1 » parmi nous, comme vous l’aviez peut-être compris avec les photos littéraires publiées il y a quelques semaines. Harry Potter nous a enseigné des valeurs comme l’amitié, le courage et l’intégrité. On a pu lire et voir sur grand écran l’importance des liens entre amis, familles et protecteurs.

Le professeur Rogue tient un rôle particulier durant toute la saga puisqu’il est l’antithèse de ce message. Noir, lugubre, méchant et limite tortionnaire, il faut attendre la fin du dernier tome pour comprendre toute la complexité du personnage, le pourquoi du comment et surtout, comprendre son courage. Depuis 18 ans, le professeur Rogue, n’est pas un mangemort2 véritable mais il joue un double-jeu : il fait en réalité partie de l’ordre du Phoenix3 et n’est pas celui qu’on croit depuis le début. C’est ce qu’on peut appeler un plot-twist.

Depuis la publication du dernier tome et la diffusion du dernier film dans les salles, on a vu une flopée d’articles sur l’internet relatant le courage, la bravoure et la dévotion de ce cher Severus envers une noble cause. Et depuis la mort de l’interprète du professeur, on assiste à une recrudescence d’articles de ce genre et ça, ça me fait grincer des dents.

Je vais probablement me mettre à dos une bonne partie des fans et certainement au sein même des RenardsHâtifs mais tant pis. Les propos qui suivent n’engagent que moi, mais il me semble important quand même de remettre les points sur les « i ».

Dès le début de la saga, le professeur Rogue nous est présenté comme un homme macabre, sombre et légèrement traumatisant. Sa première véritable apparition dans le premier film au moment de son cours avec la classe de Harry Potter donne le ton : il entre d’un pas franc et décidé en fermant au fil de ses pas les fenêtres de sa salle de classe. Son discours de bienvenue aurait dû en faire fuir quelques-uns et au delà de son ton cynique et extrêmement perturbant, il transpire (par les cheveux) la suffisance et le mépris. Mais on l’a compris, c’est un personnage antipathique, c’était le dessein de l’auteur de nous faire détester Rogue jusqu’à la fin, où, il se dévoile comme étant le véritable héros de la saga.

Sauf qu’être un héros n’excuse pas tout. Quand les gens parlent de courage pour qualifier Rogue, j’en ai des frissons de dégoût. Rogue n’est pas courageux, il est juste un personnage n’ayant rien à perdre. Il n’a pas de famille ni d’amis et la seule femme qu’il ait jamais aimée est morte. Et justement, s’il agit comme il le fait le long des sept tomes, c’est par pure et unique vengeance.

Tous ses actes suintent la frustration et la volonté de revanche.

L’adolescent émo : allégorie

On apprend que le petit Severus à l’école des sorciers était une victime, qu’il était rejeté pour ce qu’il était (un enfant différent) et notamment par James Potter, le père de Harry. Cela explique en partie pourquoi il déteste le petit binoclard à la cicatrice mais cela ne pardonne pas ses actes. Un professeur est censé oublier ses rancunes et surtout, si Rogue est si intelligent que ça, il devrait savoir faire la part des choses. Mais par dessus tout, si on le prend sous cet angle là, tout aurait bien pu marcher dans le sens inverse : Harry étant le fils de la femme qu’il a toujours aimée (Lily Potter qui est partie avec le bourreau de Rogue, James), il aurait pu faire un transfert d’affection sur Harry. Mais bon, scénaristiquement parlant, ça n’aurait pas été hyper concluant. Mais rien, ô rien, ne justifie jamais qu’on s’en prenne à un enfant de la manière dont Rogue le fait à l’encontre de Harry qui a à peine 11 ans à l’époque du premier tome. C’est une sorte de harcèlement moral. On aurait pu croire qu’il avait assez de classe pour nous épargner ce manège et s’occuper de ses affaires dans son coin sans prendre Harry pour bouc émissaire, mais apparemment pas. Surtout que même s’il est amoureux de Lily, il va jusqu’à l’insulter lorsque celle-ci prend sa défense, ce qu’on apprend dans un souvenir. Est-ce que le mec est reconnaissant ? Même pas. L’enfoiré. Les adolescents émos, je vous jure.

C’est un frustré de la vie. Il est de « Sang-mêlé » comme on l’apprend dans le tome VI, détail signifiant qu’il est né d’une mère sorcière et d’un père moldu4, ce qui, quand on a été mangemort comme lui, est très mal vu, puisque du coup, il n’est pas un « vrai » sorcier. Et quand  en plus on est directeur de la Maison Serpentard, maison qui regroupe une partie des rejetons de l’aristocratie du monde des sorciers, ça doit être légèrement difficile d’entendre tous les jours des blagues sur les sang-de-bourbes5. Mais encore une fois, rien ne justifie son comportement abusif envers les élèves.

Sans blague ?

Une autre source de frustration qu’il fait payer aux élèves réside dans le fait de ne jamais avoir eu le poste de professeur de défense contre les forces du mal et de se retrouver à enseigner les potions. D’accord, c’est beaucoup moins classe que d’apprendre à manier la baguette mais quand même, il le dit lui même, il peut enseigner « à mettre la mort en bouteille ». Cependant, malgré le fait que sa matière soit quand même super sympa, Rogue n’est clairement pas ce qu’on pourrait appeler un bon professeur. Il n’est pas pédagogue, encore moins à l’écoute et n’a aucune empathie ; c’est un partisan de l’humiliation publique sur les enfants et adolescents. On peut imaginer le nombre d’apprentis sorciers qu’il a du traumatiser au cours de ses années d’enseignement à Poudlard.

La maltraitance pédagogique, par Severus Rogue – Tome I

Et, enfin, ce qui à mes yeux montre que Rogue est un enfoiré de première, c’est principalement le fait que c’est lui qui révèle la prophétie liant Harry et Voldemort à ce dernier. C’est à cause de lui, donc, par enchaînement des évènements, que sa bien-aimée Lilly, et son mari James, sont assassinés par le Seigneur des Ténèbres. Alors, oui, vous me direz que ce n’est pas de sa faute puisqu’il n’a entendu qu’une partie de la prophétie avant de se faire jeter dehors parce qu’il espionnait comme une petite fouine, et surtout, en réalisant qu’il avait condamné sa belle et son ennemi à la mort, il demandera à Dumbledore de les protéger coûte que coûte, mais quand même. Et puis, au summum du glauque, lorsqu’il va chez les Potter cette fameuse nuit macabre et qu’il découvre les corps de James et Lilly gisants à côté du petit Harry, encore vivant lui, Rogue se jette sur le corps inanimé de Lilly pour la serrer dans ses bras. Glauque, macabre, flippant, tous les adjectifs sont bons. Surtout qu’il n’a pas un regard pour l’enfant. Sérieusement, qui fait ça ?  

Le malaise est total

De plus, la seule véritable raison pour laquelle Rogue s’est rebellé contre son maître comme un petit chaton traumatisé, c’est parce qu’il a lui-même été victime de sa cruauté et qu’il a voulu protéger sa Lily d’amour. Si Lily n’avait pas été menacée, rien ne dit que Rogue aurait bougé le petit orteil. Pire, si James et Harry ou bien les Londubat l’avaient été, je pense qu’il aurait participé joyeusement au massacre. Il n’y a donc rien de courageux dans son retournement de veste, juste un désir purement égoïste de garder en vie une femme qu’il aimait de façon malsaine depuis l’enfance, bien qu’il l’ait rejetée de la pire des façons : en l’insultant. Il n’y aucune excuse pour qualifier Rogue de personnage romantique. Un personnage romantique, ce serait Rémus Lupin (mon amour) ou même Ron, voire carrément Cédric Diggory mais pas Rogue qui est purement et simplement pathétique.

J’attends avec impatience vos réactions sur cet article qui ne reflète que mon point de vue. Sachez, chers lecteurs, que j’ai déjà reçu quelques menaces de la part de mes camarades pour cette prise à partie polémique. Et pour finir, j’aimerais terminer en citant ce commentaire trouvé sur l’internet qui résume parfaitement qui est Severus Rogue :

«  Le mec se fait FZ par Lily, qui va avec le mec qu’il hait le plus au monde.. James.. Il tue indirectement Lily en dévoilant la prophétie à Voldemort, devient le larbin de Dumbledore pour se racheter et meurt comme une merde. »

Mais bon, dans le genre professeur insupportable, manipulateur et légèrement « enfant de catin » sur les bords, Rogue n’a jamais dépassé son maître, Albus Dumbledore, directeur de Poudlard. Mais ça, c’est une autre histoire.

À tantôt sur l’internet !

— Sellylis

1. Potterheads : Fans de Harry Potter.

2. Mangemort : Soldat de Voldemort, le grand méchant de la saga.

3. Ordre du Phoenix : Résistance de sorciers s’alliant contre les forces du mal.

4. Moldu : Humain n’appartenant pas au monde des sorciers.

5. Sang-de-bourbes : Insulte qui désigne les sorciers ayant un parent moldu.

Toutes les images sont extraites des films Harry Potter (Warner Bros.). Tous droits réservés aux ayants droit.

8 réflexions au sujet de « Rogue, connard imberbe et frustré »

  • Hello !

    D’avance je suis désolé pour ce que je m’apprête à faire… mais je vais commenter uniquement sur base des films. Parce que je n’ai lu que le premier tome. Vous pouvez donc remettre ma critique dans la perspective de mes connaissances.

    Dans les grandes lignes je suis plutôt d’accord.
    Il y a une juste une chose qui me dérange. Je crois qu’il y a une petite confusion entre bon personnage et personnage bon.

    Pour moi, les meilleurs personnages sont souvent les plus pathétiques. Ils ont un impact humain plus prononcé et davantage de profondeur. Si le personnage de Rogue est bon c’est parce qu’il est animé par les desseins que l’Homme est le plus prompt à renier.
    Et surtout, ce n’est pas un moralisateur. J’ai toujours trouvé louche les personnages qui « se battent pour le bien ». Soit ils sont totalement débiles, soit se battre pour le bien est une façon d’assouvir un besoin. Ici Rogue rentre dans la deuxième catégorie. Si il est contre Voldemort c’est, comme tu le dis, par désir de vengeance. On ne peut pas se battre contre une cause, on se bat toujours contre des individus. Accepter sa volonté de vengeance c’est faire preuve de modestie quant à la valeur symbolique de ses actes. Et rien que pour ça, j’apprécie Rogue. Si il y a un héroïsme à chercher, il se trouve dans cette honnêteté du personnage envers la notion de bien et de mal.

    De plus, le terme « connard imberbe et frustré » est une sentence dans l’absolu. Alors qu’en réalité on passe tous alternativement par des phases ou on est des connards et des phases ou on l’est moins. Une fois la vie du personnage achevée, on fait quoi ? On qualifie et on quantifie toutes les actions dans une équation géante pour avoir un jugement fini ? Soit gentil soit méchant ?
    Bon encore une fois, c’est un avis basé uniquement sur les films (que j’ai vus il y a des plombes en plus), mais je vois Rogue comme un grand enfant. Dans les flash back avec lily, je lui trouve beaucoup d’innocence, en ce compris la cruauté qui l’accompagne souvent. Sa version adulte… conserve ce trait. Le seul destin cohérent pour lui, était de mourir après avoir vengé l’amour dans lequel il s’était déjà noyé.

    En petit supplément, je peux me tromper… mais je crois détecter quelque chose dans le 8ème paragraphe. C’est écrit avec plus de tripes et c’est moins structuré que le reste de l’article. Je me demande donc si tu applique bien à ton rôle de critique, la distance clinique que tu exige de Rogue dans son rôle de professeur. Cette remarque pour mettre en avant que exiger d’un individu qu’il se comporte conformément à la définition de son rôle, c’est non seulement impossible mais non souhaitable. On perdrait l’influence de l’émotionnel sur la pratique et donc toute forme d’évolution.
    Dans les films… j’ai rien vu d’hyper choquant. C’est pas correct certes, mais ça me semble être le mieux dont pouvait être capable un personnage avec ses prédispositions et son histoire.

    Donc bref, j’aime bien Rogue. Je ne pense pas que ce soit un héros, mais il a la décence s’assumer pleinement sa pourtant demi humanité.

    • Bonsoir,

      Alors, tout d’abord, je suis entièrement d’accord avec toi la différence entre bon personnage et personnage bon, les plus intéressant sont souvent les plus pathétiques, avec un parcours alambiqué et Rogue en est très certainement un.

      Le souci, c’est qu’il se bat pour de mauvaises raisons. il pourrait se battre pour bien ou le mal, grand bien lui en fasse, mais sa seule et unique motivation, c’est de venger un amour malsain et à sens unique qu’il a lui-même renié.

      Je ne pense pas que Rogue soit un héros car, globalement la définition en tant que telle représente quelqu’un qui se sacrifie pour le bien commun, mais même s’il se sacrifiait pour le « mal commun » ce n’est absolument pas le cas de Rogue. Il pourrait à la limite être un anti-héros mais ça ne lui colle pas à la peau. Sa seule motivation, c’est sa vengeance. Envers James (et Harry), et Voldemort ensuite, parce que c’est eux qui l’ont séparé de Lilly. Il s’accroche et justifie son existence par rapport à un amour malsain et réciproque qu’il a rejeté.

      Quand tu dis « De plus, le terme « connard imberbe et frustré » est une sentence dans l’absolu », c’est exactement, ça, puisque c’est mon avis. C’était accrocheur comme titre mais surtout c’est pour faire comprendre ma propre frustration due au fait que le monde entier des potterheads et amateurs ne tarie pas d’éloges en le présentant comme le véritable héros de la saga (qui par ailleurs n’est pas Harry non plus mais bien Hermione qui fait tout le boulot à la place de tout le monde). Et oui, Rogue à la fin de sa vie meurt dans sa frustration et son chagrin. C’est le destin du personnage de roman ou de film d’être jugé à la fin de sa vie et de son histoire, sur ses actes et d’être catégorisé. C’est peut être une mauvaise idée, très probablement même, mais c’est comme ça qu’on fonctionne justement. Et quelque part, cet article c’est l’inverse de ce jugement, c’est montrer l’autre versant de Rogue, il est autre chose que ce monstre de courage et de fidélité qu’on peut lire partout sur blogs, forums et autres réseaux sociaux.

      Si tu parles bien du paragraphe sur son harcèlement sur Harry, c’est parce que ça me débecte. Je ne joue pas mon rôle de critique (ce que je ne considère pas être mais plutôt une lectrice avec un avis divergent), parce qu’un professeur doit oublier sa condition d’homme lorsqu’il est enseignant, pour se consacrer à l’apprentissage et au bien-être de ses élèves. Après, ce n’est qu’un idéal qu’il est impossible ou très rare d’atteindre, mais ce genre de pratique dans le corps professoral, ça me rebute et me donne envie de faire des choses immorales.

      Je comprends que mon témoignage qui n’est que la mise par écrit de mon avis personnel puisse déranger, mais c’est quelque chose, que malgré tout j’avais besoin de partager. Et je suis ravie, justement, que cela me permette d’échanger avec les lecteurs et amateurs de littérature, qu’elle soit classique ou issue de la pop-culture !

      • Ahah :p
        Je suis plutôt d’accord avec tout ce que tu dis. Et je n’ai aucun soucis avec ton jugement envers ce personnage.
        Si le personnage me plait, c’est justement dans sa dimension d’égoïsme. J’ai toujours eu beaucoup d’affection envers les personnages mauvais. C’est peut être parce qu’ils sont le terrain sur lequel les autres peuvent développer leur relief. Et rien que ça, ça les rend irremplaçables. Moi je crois surtout que c’est parce qu’ils font penser à ma propre culpabilité, sur des choses anodines. C’est quelque chose de collant, et quand on ne peut pas s’en débarrasser, autant se convaincre que c’est cool.

        Mais je comprends ta réaction face à l’éloge funèbre du personnage. J’ai été dégoutté plus d’une fois par l’amour que les foules portent aux salauds. Et pas que dans la fiction.
        Mais hé, à quel enterrement dit-on du mal du défunt ?

  • MERCI !

    Je ne comprenais pas toute cette effervescence autour de Rogue. Pour moi, il reste un personnage attaché au passé qui se venge de façon totalement injuste et malsaine envers un garçon qui n’a rien demandé. Un enfant n’est pas responsable des actions de ses parents et en tenant Harry comme responsable de tous ses maux il agi comme un grand enfant égoïste et capricieux. Le retournement de situation à la fin ne justifie pas son comportement.

    J’ai également adoré ce que tu dis dans les commentaires ; Hermione est totalement la principale héroïne de la saga. Harry n’est là que parce qu’il a une jolie cicatrice, et il devient le pantin de Dumbledore (critiquable lui aussi pour son obstination à cacher la vérité ; m’est avis que tout se serait résolu beaucoup plus simplement si Harry avait été au courant dès le début ; d’ailleurs paradoxalement Rogue le dit très bien en reprochant à Dumbledore d’avoir élevé Harry comme un cochon qu’il faudrait mener à l’abattoir pour tuer Voldemort). Ron est mou… Hermione est celle qui résout toutes les énigmes et qui trouve une solution aux problèmes dans lesquels Ron et Harry s’enlisent.

    Tout cela ne m’empêche pas cependant d’être une grande fan de la série :)a

    • Bonjour,
      Et de rien ! C’est un plaisir d’avoir quelqu’un qui ne souhaite pas m’arracher les yeux pour avoir dénoncé l’abominable vérité sur ce cher Severus.
      Vive Hermione ! Vive Harry Potter ! Vive les débats enflammés !

      À tantôt sur l’internet !
      Sellylis

  • Hello, je passais par hasard par ici, et je me suis dit que j’allais répondre, comme j’étais pas d’accord.
    Deux petites précisions d’abord : je suis assez éloigné de la communauté potterhead, j’ai donc pas trop connaissance des débats et théories, et ma lecture des livres remonte à assez longtemps (par contre j’ai les films en tête, jusqu’au 6 du moins, puisque j’ai commencé à les revoir l’année dernière).

    Deux petites choses, sur l’aspect câlin à un cadavre et pas d’attention au bébé, il me semble avoir vu ça des tas de fois dans la fiction, et sur l’aspect vengeance, a priori Harry passe aussi son temps à dire qu’il veut venger son père.

    Je considère pas particulièrement que Rogue est un héros, ni qu’il est courageux, mais je te trouve quand même très dure avec lui. Rejoindre le côté obscur par frustration, on peut ne pas le pardonner mais ça se comprend. D’autant qu’il a sûrement été plus facile à quelqu’un comme James de rejoindre ses amis et un professeur qu’il respecte pour combattre le mal. Pour Rogue, c’était rejoindre ses anciens persécuteurs, et des gens qui représentent tout ce qui l’a fait souffrir étant jeune.

    Sur Rogue professeur, je me souviens enfant avoir été légèrement traumatisé par sa sévérité, mais je me souviens aussi avoir été pas mal impressionné dans le même sens par Mc Gonagall. Pour Mc Gonagall évidemment c’est justifié, pour Rogue ça dépend sans doute des cas. J’ai quand même eu l’impression (c’est surtout pour les films du coup, les livres je me souviens plus bien) que c’était souvent le cas, les trois ahuris qui se baladent dans le couloir à n’importe quelle heure, ou autres, mais dans ces cas c’est plus pour les protéger qu’autre chose. Pour Hermione, c’est effectivement une insupportable je-sais-tout en classe, et Ron l’avait souvent bien cherché quand il se prenait un coup de livre sur la tête.
    Pour Harry c’est forcément plus complexe, il est aveuglé par sa haine pour James. Il est donc prompt à ne rien laisser passer de ce qui pourrait ressembler au caractère persécuteur du père, parfois il exagère, parfois moins, j’ai moi-même été parfois gêné par les attitudes d’Harry à ce niveau là (et plus globalement en fiction, les persécuteurs, même dans le camp des gentils, sont sans doute les personnages qui m’horripilent le plus, et la cruauté entre enfants c’est un des pires fléaux de la terre). Mais quand y’a des fois c’est juste pas de chance, soit Harry fait effectivement quelque chose de mal, soit non mais Rogue a pas forcément tort de se méfier non plus (sur la branchiflore par exemple).
    Pour l’affaire de la protection mentale, effectivement ça pose plus problème, mais ça peut s’expliquer par la conjugaison de sa haine et de son manque de pédagogie, mais je pense pas qu’il était non plus de mauvaise volonté.

    Enfin sur Rogue professeur, je trouve paradoxalement qu’il est un des moins mauvais x)
    Quand on regarde à côté Hagrid, Lockhart, Trelawney, Ombrage… et Slughorn, j’ai été assez choqué par son élitisme. Tous les profs ne peuvent pas être Lupin.
    J’ai d’ailleurs un prof qui lui ressemble pas mal, un peu sinistre, très sévère, presque nazi sur la surveillance, et qui a l’air en permanence aux étudiants de faire des choses amusantes dans leur vie au lieu d’étudier, et que j’ai beaucoup personnellement assez de mal à supporter, mais j’ai aussi du mal à le considérer comme un mauvais professeur, et il est assez apprécié par certains (je pense que pour les profs chacun a ses sensibilités et une pédagogie qui lui correspond, un des profs que j’adule est haï par la majorité, et en a même traumatisé pas mal).

    Donc voila, si son courage ou son amour absolu ne m’impressionnent pas vraiment, je le comprends sur certaines choses et je peux pas le condamner.

  • Coucou !
    Tout à fait d’accord avec toi, je n’étais pas fangirl de Rogue mais j’étais restée sur l’ambiance de fin de sa mort où on ne retient que les points positifs, et ce thread m’a ouvert les yeux : https://twitter.com/enchantinginny/status/751546086347669505
    Depuis, je m’incruste dans les débats pour défendre le point de vue « anti-Rogue » ^^
    Et cette petite allusion à Dumbledore à la fin de ton article me laisse sur ma faim… A quand un article « Dumbledore, manipulateur machiavélique au passé trouble » ? Sans vouloir jouer les Rita Skeeter bien sûr…
    Et puis ça fait une excuse pour relire les bouquins !

    • Hello !
      Merci pour ton commentaire tout d’abord.Je n’avais pas vu ce thread mais je suis ravie de savoir qu’il existe. C’est très rare de trouver des gens qui n’aiment pas Rogue et je t’avoue que ça me fait plaisir, surtout quand ce sont des potterheads qui s’affirment. C’est une bonne chose de défendre cette idée parce que, comme tu le dis, on ne retient de Rogue que ses dernières actions/derniers mots et c’est atroce.
      Haha, tu n’es pas la première à me demander pour Dumbledore, on verra un jour. Il faudrait justement que je relise les bouquins mais je préfère découvrir de nouvelles choses que de relire pour la énième fois les HP !
      Merci de ton passage sur le blog !

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