Ces livres honteux qu’on a adorés #1

Si un jour vous rencontrez quelqu’un qui vous dit qu’il n’a lu dans sa vie que des chefs-d’oeuvre de la littérature, les génies de ce siècle et des précédents, sachez qu’il ment. Des bouses, on en a tous lues. Parfois c’était tellement mauvais qu’on préfère les effacer de notre mémoire. Mais il y en a d’autres qu’on garde dans nos cœurs car, pour une raison ou une autre, on les a aimées. Ainsi, chez RenardsHâtifs on a décidé de rendre hommage à ces héros de l’ombre dont on a trop souvent honte et de crier au monde notre amour pour cette littérature de seconde classe.

walk of shame


  • La saga Twilight, par Pasto

L’avantage quand tu as une idée de génie pour un article de groupe, c’est que non seulement c’est toi qui commence, mais aussi ça te donne le droit de shotguner le livre que tout le monde (ou presque) voulait.

On a tous eu une adolescence difficile : les hormones, les boutons, les peines de coeur, les hormones, les problèmes de poids, les hormones… et on a tous géré ça d’une manière différente. Moi à cette époque, je lisais. Et pour mes 14 ans, on m’a offert Fascination, le premier tome de la saga Twilight. Et là c’en était fini. Des années de relecture intensive des livres, de fangirlisme sur les personnages, d’avant-premières des films, de squattage de forums, de collections de photos, de montages sur Gimp… Je suis même allée acheter le dernier tome, Révélation, en courant, maquillée comme un vampire.  Bref la totale.

Mais que voulez-vous ? Cette histoire avait tout pour faire craquer une adolescente à fleur de peau comme moi : deux hommes qui se battent pour la même jeune fille quelconque et maladroite (ouais, à cette époque il m’en fallait pas beaucoup pour me faire rêver). Bon, en vrai, j’étais plus amoureuse des autres personnages que des trois principaux, du genre Alice qui était mon idéal et que je chérissais de tout mon coeur. Ou genre Leah et Seth. Ou genre Garrett. BREF. Je pourrais continuer comme ça pendant des heures. Quant aux principaux, je n’aimais pas vraiment Bella, et comme je n’arrivais pas à me décider lequel de Edward ou Jacob méritait l’atroce punition d’être enchaîné à cette gourdasse, j’étais plutôt Team Edwake, dans le sens de vivez une belle vie de bonheur tous les deux, mais chacun de votre côté, loin de cette meuf.

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Mon tome préféré a toujours été Tentation, parce que j’ai toujours eu une petite passion pour la dépression. J’adorais le désespoir de Bella. Même pas d’une manière perverse, parce que je ne l’aimais pas, mais parce que je souffrais avec elle et que ça me plaisait (n’appelez pas tout de suite les urgences psychiatriques). Comme je vous disais, l’adolescence. J’aimais beaucoup aussi le tiers de Révélation où Jacob est le narrateur[1], pour son ton sassy[2] et ses titres de chapitre très drôles.

Malgré tout ce qu’on peut dire sur cette saga, malgré les atroces films qui en furent tirés (je relèverai quand même que le premier film, par Catherine Hardwicke n’était pas si mauvais compte tenu du maigre budget dont elle disposait, et que le dernier film, Révélation, Partie 2, a su améliorer habilement le principal défaut du livre, c’est à dire, l’absence de bataille finale) et malgré le fait qu’aujourd’hui je vois tous les défauts et la niaiserie de ces romans pour jeune fille en fleur, je ne pourrais jamais regretter de les avoir lus et tant aimés. Même s’ils m’ont apporté pas mal d’emmerdes, ils m’ont aussi été bénéfiques. Grâce à eux je suis sortie de mes années de déprime, j’ai découvert le monde fantastique des fandoms, j’ai connu des gens super cools, et j’ai même rencontré ma meilleure amie. Je dirais que ces livres me sont tombés dessus au moment où j’en avais besoin, un peu comme avec les Hunger Games qui m’ont redonné goût à la littérature à un moment où je n’avais plus ouvert un livre depuis longtemps. Alors même si c’est un peu la honte, j’assumerai toujours d’avoir été fan de la saga Twilight.

 

[1] Le quatrième et dernier tome de la saga, Révélation, est divisé en trois parties. Dans la première et la troisième c’est Bella qui est le narrateur, comme dans tous les autres livres, mais la deuxième est narrée par Jacob

[2] « sassy » terme qui n’a pas d’équivalent en français, alors qu’il en faudrait bien un: c’est à la fois, sexy, provocateur, tout en étant faussement innocent


  • La collection « Cœur Grenadine », par Nev’

Quand on y pense, ce n’est pas si facile de pointer du doigt une lecture dont on a réellement honte. On peut tout lire ! Sinon, le choix ne serait pas aussi large dans les librairies. Alors, j’aurais pu citer Twilight, quasiment tous les Marc Lévy (eh oui, je les ai presque tous lus) et quelques Guillaume Musso, que l’on catégorise assez facilement. Mais des Renardes ont été plus rapides, alors il a fallu que je trouve autre chose.

J’ai donc dû replonger encore plus loin dans ma mémoire, et remonter une bonne dizaine d’années en arrière. Tâche ardue, je ne vous le fais pas dire. Mais il en est sorti quelque chose : ma bibliothèque de livres de l’époque, principalement composée des Fantômette de Georges Chaulet publiés chez Hachette pour la Bibliothèque rose que l’on connaît tous. Sauf que, de ceux-ci, je n’en ai pas honte, ça a été toute mon enfance, et je les ai lus et relus tellement de fois que je ne pourrais pas les tourner en dérision. Mission impossible.

En revanche, ma fameuse bibliothèque étant également composée de nombreux livres tout aussi peu volumineux : la fameuse collection des Cœur Grenadine, le cliché du livre pour jeune adolescente.

Sauf que cette collection compte énormément de livres différents, alors je ne vais pas vous retracer toutes les histoires que j’ai pu lire, ce serait loin, et très fastidieux pour moi. Mais même aujourd’hui, j’en ai encore quelques bribes. Alors on va revenir sur mon préféré, Le roman de Léa. Mes préférés, puisque c’est à ma connaissance la seule histoire de cette collection à avoir été découpée en trois tomes : Et si c’était un ange ? , Le souffle de l’ange, et enfin, Le souvenir de l’ange.

coeur grenadine

La trame scénaristique n’était en soi pas très différente des autres livres. Ce qui m’a plu dans celui-ci, quand bien même il est particulièrement triste – puisqu’on y est, autant vous dire que j’ai même pleuré sur ces livres – c’est avant tout parce qu’il m’a fait connaître la communauté Amish, dont je n’avais à l’époque jamais entendu parler, ainsi que la maladie des os de verre. Des thèmes qu’on ne retrouve pas à tous les coins de page.

Alors, est-ce que j’en ai réellement honte aujourd’hui ? Non. Ce n’est pas pour rien qu’ils restent mes préférés de la collection ! Je n’en ai pas honte parce qu’ils m’ont plu finalement, sentimentale que je suis, et qu’ils m’ont appris des choses, mine de rien. Mais surtout : je ne peux pas avoir honte de quelque chose que j’ai lu alors que j’avais une dizaine d’années à tout casser. J’avais un regard différent de celui que je peux avoir aujourd’hui, je les ai appréciés pour de bonnes raisons. Mais c’était une autre époque !


Encore plus de livres de la honte de la part des autres Renards sont à venir dans les prochaines semaines, restez à l’affût !

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